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Baignade: les autorités alertent sur les plongeons sauvages, ces sauts parfois mortels

(Photo d'illustration) Lundi 19 août, un Suisse de 50 ans s'est noyé après avoir fait un saut de 15 mètres dans une rivière en Haute-Corse.

(Photo d'illustration) Lundi 19 août, un Suisse de 50 ans s'est noyé après avoir fait un saut de 15 mètres dans une rivière en Haute-Corse. - Valéry Hache - AFP

Depuis le début de l'été, deux personnes sont mortes après un plongeon de plusieurs mètres de haut, en Haute-Corse et dans l'Hérault. Depuis de nombreuses années pourtant, les secours alertent sur les dangers de cette pratique répandue et forte en adrénaline.

Plongeons, saltos, sauts périlleux… Du haut d’un pont ou d’une falaise, ces acrobaties font toujours grimper l’adrénaline. Mais leurs conséquences peuvent parfois être graves. Lundi 19 août, un Suisse de 50 ans s'est noyé après avoir fait un saut de 15 mètres, dans un trou de 8 à 10 mètres de profondeur, dans une rivière à Chisa, en Haute-Corse.

"Il a sans doute fait une mauvaise réception et s'est retrouvé bloqué au fond de l'eau", a précisé à l'AFP un porte-parole des pompiers, ajoutant que l'accident a eu lieu au lieu-dit des Trois Bassins, "un endroit bien connu pour ce genre d'accident".

Corniche Kennedy

Depuis des années, les vacanciers s'adonnent à ces sauts parfois spectaculaires, mais c'est en 2016 que le phénomène a été mis en lumière par le film Corniche Kennedy, adaptation du roman éponyme de Maylis de Kerangal. Il met en scène un groupe d'adolescents marseillais férus de plongeons sauvages et dont l'activité inquiète les secours. 

"Nous agissons depuis plusieurs années contre ces sauts dangereux et ce film a tout remis à plat en les popularisant", explique au Figaro le major Philippe Brunetti, responsable de l’Unité de sécurisation et de prévention du littoral de Marseille.

Pour alerter sur la situation, des jeunes lycéens de la cité phocéenne, et un commissariat de la ville, ont lancé au mois de juillet une campagne de sensibilisation avec des slogans et images choc. L'une de leurs devises phares: "Aujourd'hui tu veux sauter, demain tu voudras marcher", comme l'a repéré France Bleu.

Au niveau des municipalités, de nombreux arrêtés ont été également été pris, depuis plusieurs années, pour interdire officiellement les plongeons. C'est le cas notamment à Argonay, en Haute-Savoie, qui interdit de sauter du haut du pont de la Bornale. Idem à Murviel-les-Béziers, dans l'Hérault: il est interdit de plonger du pont de Réals.

"On croit que c'est facile"

Des panneaux d’interdiction signalent également les dangers de ces plongeons sauvages mais à Aniane, dans l’Hérault, ils sont restés vains. Le 21 juillet, un jeune homme a été retrouvé mort après avoir sauté du pont du Diable, l’un des plus vieux ponts médiévaux de France, haut de 18 mètres et très convoité.

"Sur les réseaux sociaux circulent des photos qui donnent envie de plonger aussi. On croit que c'est facile, mais non", expliquait à France Bleu Philippe Salasc, maire d'Aniane.

Et si les jeunes de la région sont conscients des courants qui peuvent être dangereux, les touristes, eux, peuvent être pris au piège. "On est complètement désarmé", soupire l'élu. Ces sauts sont très risqués, selon la hauteur à laquelle on s'élance et la réception. 

"Le fait de glisser, de chuter, de taper la tête, et l'impact de l'eau! L'eau est un mur à 10 mètres. Tout cela sans aucune conscience du danger et du fait que derrière, tout peut s’arrêter du jour au lendemain pour un plongeon", conclut pour France Bleu Gregory Gemme, brigadier chef à l’unité de sécurisation et de prévention du littoral.

Ambre Lepoivre