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Aube: un fonctionnaire payé 4.000 euros par mois à ne rien faire depuis 10 ans

La maire de Sainte-Savine, dans l'Aube.

La maire de Sainte-Savine, dans l'Aube. - Google StreetView

Depuis 10 ans, l'ancien directeur général des services de la mairie de Sainte-Savine, 55 ans, perçoit les trois-quarts de son ancien traitement. En attendant de trouver un emploi équivalent et correspondant à son grade.

"Etre payé à ne rien faire". L'expression a vécu. Mais au vu de la situation particulière de l'ancien directeur général des services de la mairie de Sainte-Savine dans l'Aube, elle trouve une nouvelle jeunesse. Payé quelque 4.000 euros par mois pour n'accomplir d'autre tâche que de se retrouver un emploi équivalent, Bosko Herman cherche un poste, rapporte L'Est Eclair. Et la situation dure depuis 10 ans.

Le fonctionnaire de 55 ans n'aura exercé sa fonction qu'entre 2001 et 2006. Il a ensuite été remercié à la suite de l'élection du nouveau maire, sa mission achevée. Des "désaccords personnels" avec le maire socialiste Jean-Jacques Arnaud sont à l'origine de la "fin du détachement de Bosko Herman", précise L'Est Eclair.

Une loi de 1984 oblige la mairie à le rémunérer

Depuis une dizaine d'années, ce sont donc quelque 500.000 euros d'argent public qui ont été ainsi dépensés. Mais d'où vient cette obstination à rétribuer Bosko Herman? En réalité, ce qui semblera peut-être une anomalie résulte de la loi du 26 janvier 1984 relative à la fonction publique territoriale. Elle dispose que le directeur territorial écarté à la suite à d'un changement de l'équipe municipale, que la raison de son éviction soit personnelle ou politique, continue à percevoir une partie de son traitement jusqu'à ce qu'il trouve un emploi équivalent à son grade. Ce statut particulier qui peut durer des années est décrit aux articles 97 et suivant et nommé "fonctionnaire momentanément privé d’emploi". Il est réservé au catégories A et B.

Selon Yves Labouré, le directeur de gestion de l'Aube, ce fonctionnaire maintenu ainsi en surnombre cherche pourtant activement à se recaser.

"Il ne reste pas assis sur sa chaise. En 2015, il a envoyé 49 candidatures. En 2016, à la fin du mois d’août, nous en comptions 34. (...) On l’aide à retrouver un emploi. Tous les six mois, il nous fournit un compte rendu avec le nombre de CV envoyés, les entretiens d’embauche."

La retraite de ce fonctionnaire devait intervenir en 2023, date à laquelle il sera dispensé de tout effort pour retrouver le chemin de l'emploi.

David Namias