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Attentat contre Charlie Hebdo: 5 ans après, la compagne de Tignous raconte sa "reconstruction"

Cinq ans après l'attentat meurtrier à Charlie Hebdo, BFMTV est allé à la rencontre de Chloé Verlhac, veuve du dessinateur Tignous. Elle publie un livre dans lequel elle évoque son amour pour son compagnon.

Cinq ans après l'attentat sanglant qui a fait 12 morts dans les locaux de Charlie Hebdo, Chloé Verlhac raconte dans un livre intitulé Si tu meurs je te tue son amour pour son compagnon, le dessinateur Tignous, tué dans l'attaque terroriste.

"C'était important que je puisse partager ça et que cette histoire elle ne m'appartienne plus qu'à moi puisque de toute façon cette histoire ne m'appartient pas qu'à moi, elle nous appartient à tous" déclare-t-elle à BFMTV. "Pouvoir le dire, pouvoir raconter ça, c'est l'étape ultime de la reconstruction".

Elle raconte la souffrance, la tristesse après la mort de Tignous: "Vivre c'est une question que je me suis posée, à laquelle il a fallu répondre. Et à partir du moment où j'ai répondu 'oui', il a fallu assumer".

11 ouvrages de croquis publiés

Chloé Verlhac confie avoir mis deux ans avant de pouvoir rentrer à nouveau dans l'atelier de son compagnon, où s'entassaient 20.000 feuillets de dessins. Un trésor qu'elle va ranger, trier: "Il y a des merveilles dedans. Je pense que sur certains il doit y avoir des listes de courses au milieu".

Depuis 2015, 11 ouvrages de croquis ont été publiés. "C'est la seule revanche que moi je pouvais prendre en tant que femme, c'était la seule revanche pacifiste que je pouvais avoir, et publier Tignous c'était garder l'artiste en vie", explique-t-elle.

Des promesses "qu'ils n'ont pas été capables de tenir"

La veuve de Tignous évoque également son sentiment d'avoir été abandonnée par l'État au lendemain des attentats du 7 janvier. "On était très très seuls. Il y a eu des promesses de faites, que ce soit par Charlie ou l'État, qu'ils n'ont pas été capables de tenir", affirme-t-elle. "Ils n'ont pas su faire, mais pour nous ça a été dramatique".

Le procès des attentats des 7, 8 et 9 janvier devrait se dérouler du 4 mai au 10 juillet. Quatorze suspects doivent comparaître devant une cour d'assises spéciale: ils sont soupçonnés à des degrés divers de soutien logistique aux frères Kouachi et Amédy Coulibaly, auteurs des attaques qui ont visé la rédaction de Charlie Hebdo, une policière municipale à Montrouge et le supermarché parisien Hyper Cacher, faisant 17 morts en tout.

David Couloume, Anaïs Crouts avec Salomé Vincendon