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Arnaque à l'amour sur Internet: comment ça marche?

Chaque année, ces escroqueries font des dizaines de milliers de victimes et rapporteraient des millions d'euros à leurs auteurs. Enquête sur les faux profils qui sévissent sur des sites de rencontres.

C’est l’une des escroqueries qui prolifèrent le plus sur Internet: l’arnaque aux sentiments. Chaque année, elle fait des dizaines de milliers de victimes. Comment ces imposteurs opèrent-ils? BFMTV a mené l'enquête jusqu'en Afrique de l'Ouest.

Un piège qui se referme sur la victime

Angélique a été victime de ce qu’on appelle une "romance-scam", une arnaque à l’histoire d’amour sur un site de rencontres. L’homme prétendait s’appelait Yves.

"Avec moi, c’était Yves Moralès. Ensuite je l’ai trouvé sous plusieurs identités, plusieurs prénoms...", témoigne-t-elle à visage couvert.

L’escroc est rentré en contact avec Angélique par le biais d'un faux profil. A l’époque, il se présente comme un homme d’affaires toulousain. En quelques semaines de "chats" (discussions, ndlr) sur les réseaux sociaux, elle tombe sous le charme. "C’était toujours mon amour, je t’aime, tu me manques, les grands discours…", se souvient la victime.

Après les grands discours, le piège se referme. Yves prétend s’être fait détrousser lors d’un voyage d’affaires. Il va réussir à soutirer à Angélique 20.000 euros, raconte-t-elle, preuves à l'appui.

Pour comprendre comment ces arnaques fonctionnent, les reporters de BFMTV ont créé un faux compte sur un site de rencontres. En moins de dix minutes, un de ces escrocs est entré en contact avec eux sous le pseudonyme de "Douce Marion". Très vite, cette prétendue jeune femme à la photo très avantageuse confie qu’elle doit toucher un héritage, mais pour cela il faut lui prêter 200 euros. Et pour nous motiver, elle envoie des photos d’elle en petite tenue.

En majorité, des femmes prises pour cible

Mais qui se cache derrière ces profils factices? En général, ce sont des escrocs qui opèrent depuis l’Afrique de l’Ouest. On les appelle "les brouteurs". C’est le cas de Didier, que BFMTV a rencontré à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Didier s'est spécialisé depuis trois ans dans les arnaques aux sentiments, et il a accepté de nous en dire plus sur le choix des victimes.

"En majorité, ce sont les femmes qui sont visées. Elles ont à partir de 40 ans... jusqu’à 60, et sont célibataires", explique un de ces bonimenteurs.

Ces arnaques sont un marché très juteux. Elles rapporteraient chaque année près de 150 millions d’euros aux escrocs.

M.G. avec Antoine Bonnetier, Cléophas Mosala et Julie Papet