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Argenteuil: soupçonnée d’avoir exigé qu’une femme enlève son voile, une élue "n’officiera plus de mariage"

La mairie d'Argenteuil en 2013.

La mairie d'Argenteuil en 2013. - Miguel Medina - AFP

Le 1er juillet, Françoise Inghelaere aurait réclamé que la future mariée retire son voile islamique pour la cérémonie. Le maire de la ville, Georges Mothron, cherche à faire la lumière sur ce qui s’est passé. En attendant, la conseillère municipale n’officiera plus de mariage "jusqu’à nouvel ordre".

La conseillère municipale d’Argenteuil, déléguée à la culture, crée la polémique. Françoise Inghelaere est soupçonnée d'avoir refusé de marier une femme couverte d’un voile islamique le 1er juillet.

"Les hommes seraient donc sortis de la salle, la mariée a enlevé son voile et s’est mariée en pleurant", décrit un utilisateur de Facebook.
L'élue de la majorité, Françoise Inghelaere, aurait refusé de marier une femme car elle portait un voile islamique.
L'élue de la majorité, Françoise Inghelaere, aurait refusé de marier une femme car elle portait un voile islamique. © Capture Facebook

Le bureau du maire LR de la ville ne peut pas encore affirmer que la scène s’est réellement produite de cette manière, "le déroulé des faits est toujours en cours de vérification", explique le cabinet à BFMTV.com.

"Georges Mothron prévoit de rencontrer le couple en question, l'agent de l'État civil et l'élue déléguée pour ce mariage pour étudier les différentes versions. Mais avec les vacances, ça prend du temps", prévient-on.

"Humiliation publique"

Un bref échange téléphonique a toutefois eu lieu entre le maire et le couple de jeunes mariés, et ces derniers n’ont pas infirmé les faits.

"Manifestement, il y a bien eu un problème lors de cette cérémonie", admet le cabinet de Georges Mothron.

Les réactions ne se sont en tout cas pas fait attendre sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, l’avocat Asif Arif rappelle que "seuls les représentants du service public sont soumis à la neutralité, pas les usagers". Par ailleurs, la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, prévoit que "nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage". Or, le voile islamique ne fait pas partie des tenues visées et prohibées - comme "les cagoules, les voiles intégraux (burqa, niqab…), ou des masques" - par la circulaire du 2 mars 2011.

Face à cette "humiliation publique", Madjid Messaoudene, élu à la ville de Saint-Denis, réclame des "sanctions immédiates". En attendant de faire la lumière sur cette affaire, Georges Mothron a décidé que "l’élue concernée n’officiera plus lors de mariages jusqu’à nouvel ordre". Le cabinet du maire précise que des sanctions supplémentaires pourront être envisagées si "elles s’avèrent nécessaires à l’issue de la rencontre. Si les faits rapportés se sont produits, c’est regrettable et tout à fait inadmissible".

"Obsession envers les musulmans"

Un mea culpa bien insuffisant aux yeux de l’ancien édile de la ville, Philippe Doucet, qui accuse Georges Mothron "et les élus de la majorité" d’avoir "développé une obsession envers les musulmans".

Georges Mothron assure toutefois ne "tolérer aucun écart sur les différentes discriminations. J’y suis très attaché et je serai très vigilant", conclut-il dans un message sur son compte facebook.

Ambre Lepoivre