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Appel à la grève des taxis français lundi à Paris

En France, la profession de taxi compte plus de 500 000 chauffeurs, répartis entre artisans (ceux qui possèdent une licence) et locataires (ceux qui la louent).

En France, la profession de taxi compte plus de 500 000 chauffeurs, répartis entre artisans (ceux qui possèdent une licence) et locataires (ceux qui la louent). - -

Le succès d'Uber, service de voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC), inquiète les chauffeurs de taxi qui organisent une grève lundi 13 janvier. Ils veulent régir contre "les multinationales" du VTC.

Entre les taxis professionnels et l’américain Uber, le ton monte en France comme dans d’autres grandes villes de la planète. Cinq syndicats de taxis (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST), appellent à une grève lundi 13 janvier à Paris contre cette tendance qui, selon un communiqué de presse sur Twitter, menace de détruire des emplois dans leur profession.

Selon les représentants de la profession, "les multinationales du VTC (voiture de tourisme avec chauffeur) financées par Google et Goldman Sachs, sont organisées en lobby qui détruit [les] emplois en créant de la précarité et sans ce soucier de la législation française."

En France, cette profession compte plus de 500 000 chauffeurs répartis entre artisans (ceux qui possèdent une licence) et locataires (ceux qui la louent).

Les taxis se trompent-ils de combat ?

En France, la mobilisation a déjà fonctionné puisque les taxis professionnels ont obtenu du gouvernement d’imposer aux VTC un délai d’au moins 15 minutes entre la commande et la prise en charge du client. Ce décret a été publié au Journal Officiel le 27 décembre.

Il a provoqué une vive réaction de l’autorité de la concurrence qui a émis un avis défavorable sur le décret. "Dans un contexte où la demande est supérieure à l'offre à certaines heures, en particulier en région parisienne, une offre supplémentaire de transport particulier s'est récemment développée via les VTC, permise par un assouplissement de la réglementation en 2009 et le développement de l'utilisation des smartphones."

L’autorité estime aussi qu’en imposant ce délai aux seuls VTC, le législateur "a introduit une distorsion de concurrence ayant des conséquences très négatives sur l'activité économique des sociétés de VTC. Elle serait également défavorable aux consommateurs, avec des temps d'attente doublés et des prix de courses plus élevés."

Pour Pierre Pierrard, patron de Taxiloc, un service de réservation en ligne de taxis, ce décret est "ubuesque", car les taxis se trompent de combat. "S’il ne fait aucun doute que ce décret a pour vocation essentielle de protéger les intérêts de sociétés privées au détriment de l’intérêt général, il est toutefois stupéfiant d’observer le silence assourdissant de l’autorité sur la question des pratiques tarifaires observées chaque jour par certains éditeurs d’applications VTC."

Un affrontement entre l'ancienne et la nouvelle économie

Aussitôt la grève annoncée, les réactions ne se sont pas fait attendre. Non pas de l’Américain, mais de Snapcar, un service de VTC français créé en 2012. Pour Yves Weisselberger, président, cette grève était largement prévisible. "Il n'y pas de raison qu’il en soit autrement puisque cette méthode a toujours fonctionné." Mais surtout, M. Weisselberger est convaincu que les taxis surestiment le danger. "Les VTC étendent l’offre et donc la demande." Pour lui, la vraie menace pèse d’abord sur les sociétés de radiotaxi, comme le groupe G7.

Concernant le décret de 15 minutes, le dirigeant de SnapCar nous a révélé qu'une procédure d’annulation a été déposée au Conseil d’État. Il estime avoir toutes les chances d’être entendu.

Ce combat entre taxis et VTC est le même que celui que mènent les libraires, les pharmaciens, les opticiens et toutes les autres professions dont l’activité est bouleversée par les nouvelles technologies. L’ancienne économie cherche légitimement à se protéger contre la nouvelle en l’empêchant de se développer.

|||Taxis en grève : une inquiétude légitime ?

La rédaction