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Affaire Vincent Lambert: "J'irai jusqu'au bout" assure sa mère, présente à l'ONU

La mère de Vincent Lambert, en état végétatif depuis 2008, s'est exprimée ce lundi à l'ONU, devant le Conseil des droits de l'Homme.

La mère du Français Vincent Lambert, en état végétatif depuis 2008, a réclamé lundi le "secours" de l'ONU, alors que la Cour de cassation française a ouvert la voie à un nouvel arrêt de son maintien en vie. Invitée par une ONG basée à Strasbourg, le Centre européen pour le droit et la justice, Viviane Lambert a pu s'exprimer ce lundi devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. 

"Je vous adresse un appel au secours. Sans votre intervention mon fils Vincent Lambert sera euthanasié par un médecin en raison de son handicap cérébral. Il est en état de conscience minimale, mais il n'est pas un légume. (...) C'est pourquoi nous avons saisi le comité des droits des personnes handicapées de l'ONU, car la convention des droits des personnes handicapées interdit de priver une personne de nourriture et de boisson en raison de son handicap. Sinon ce serait une discrimination. (...) Je vous supplie d'intervenir auprès de la France pour lui rappeler son obligation de respecter les mesures conservatoires prescrites par le comité et de ne pas faire mourir mon fils", a-t-elle déclaré.

Sur notre antenne, la mère de Vincent Lambert a affirmé qu'elle était prête à aller "jusqu'au bout" pour "défendre [son] fils". 

"Je pense qu'il faut quand même que les parents se manifestent, on a le droit d'être mécontents, on a le droit de défendre notre fils. J'irai jusqu'au bout, rien ne m'arrêtera. Quand on va à Reims dans la chambre de notre fils, c'est horrible, on va voir un prisonnier. Je n'ai pas honte de sortir mon fils dehors. On nous a interdit de prendre un fauteuil adapté. Il ne prend pas l'air, il est enfermé. Donc je vais me battre, avec mon mari et certains de mes enfants."

Au sein d'une famille déchirée par des années d'une tragique bataille judiciaire, l'épouse et six frères et soeurs de Vincent Lambert, tétraplégique depuis un accident de la route, demandent l'arrêt de son alimentation et de son hydratation. Les parents, soutenus par un frère et une soeur, s'y opposent.

Un nouvel arrêt des traitements

Dans cette affaire, qui ne cesse de rebondir devant la justice française, le comité de l'ONU sur les droits des personnes handicapées, saisi par les parents, a demandé le 4 mai à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins, le temps qu'il puisse examiner le dossier sur le fond. Ce comité de l'ONU n'a toutefois aucun pouvoir de contrainte sur les Etats membres. Selon la ministre française de la Santé Agnès Buzyn, la France n'est "pas tenue" de respecter cette demande.

Le 11 mai, le médecin traitant de Vincent Lambert avait annoncé à la famille l'interruption de son alimentation, qui avait débuté le 20 mai. Toutefois, le même jour, la cour d'appel de Paris avait ordonné le rétablissement de son traitement, jusqu'à ce que le comité de l'ONU se prononce sur le fond. Saisie, la Cour de cassation a cassé ce jugement le 28 juin et ouvert la voie à un nouvel arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du patient âgé de 42 ans. 

Les avocats des parents ont annoncé qu'ils porteraient plainte pour "meurtre avec préméditation" contre le médecin qui ordonnerait un arrêt du traitement.

"Nous serions favorable à une médiation par l'intermédiaire d'une institution internationale pour discuter avec le gouvernement français pour qu'en l'état actuel les mesures provisoires soient effectives", l'un des avocats des parents, Jean Paillot. "Vincent n'est ni malade, ni en fin de vie. Son état est celui d'une personne handicapée", a-t-il insisté.

Clément Boutin avec AFP