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 À quoi sert le recensement?

L'Ombrière du Vieux-Port de Marseille le 31 décembre 2019

L'Ombrière du Vieux-Port de Marseille le 31 décembre 2019 - Gérard Julien-AFP

Quelque 5 millions de logements et 9 millions d'habitants de métropole et d'outre-mer seront visés par le recensement qui commence ce jeudi.

Il débute ce jeudi et va occuper quelque 24.000 agents pendant plusieurs semaines en métropole et à l'outre-mer: c'est la saison du recensement. Une "grosse opération", comme l'explique à BFMTV.com Valérie Roux, cheffe du département démographie à l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l'organisme en charge de saisir, traiter et communiquer les données.

Des caractéristiques sur la population

Au total, les agents recenseurs - employés de la commune ou recrutés pour l'occasion - vont ainsi frapper à la porte de 5 millions de logements dans quelque 8000 communes pour recenser 9 millions de personnes. Car le recensement n'est pas exhaustif: seul un cinquième des communes de moins de 10.000 habitants et 8% des habitants de celles de plus de 10.000 personnes sont comptabilisés cette année. Et en cinq ans, l'Insee obtient ainsi un portrait précis de celles et ceux qui résident dans l'Hexagone.

Concrètement, le recensement de la population permet d'établir le nombre d'habitants de chaque commune. Il fournit également des données sur les caractéristiques de la population - comme le sexe, l'âge, la profession ou encore les moyens de transport utilisés pour se rendre sur son lieu de travail - mais aussi les conditions de logement - taille, nombre de pièces, année de construction.

Autant d'informations qui ne sont pas sans conséquences tant au niveau local que national. Car elles permettent notamment de fixer le nombre d'élus au conseil municipal ou de déterminer la participation de l'État au budget des communes. En bref, "plus une commune est peuplée, plus cette participation est importante", comme le résume le site qui lui est consacré.

Connaître les besoins des habitants

C'est aussi grâce au recensement que les politiques publiques sont orientées afin d'organiser et prévoir à plus long terme les équipements collectifs, comme le nombre de logements disponibles, les moyens de transports, les écoles, les crèches ou encore les services de santé. Comme le résume Valérie Roux, de l'Insee, "le recensement, ce n'est pas que compter les habitants".

"C'est extrêmement important, ajoute-t-elle. C'est la source d'information qui permet de connaître les habitants de la France et donc leurs besoins et de faire évoluer les infrastructures. Comment évolue la population? Quelles sont les situations familiales? C'est le recensement qui permet de mettre en place des équipements adaptés."

Valérie Roux cite deux exemples et prend le cas d'une commune qui serait située en périphérie d'une grande agglomération. "Si des familles viennent s'y installer, elles vont avoir besoin de modes de garde pour les enfants, d'activités sportives." Contrairement à une autre ville qui serait quant à elle privilégiée par les retraités. "Là, il faut prévoir des services adaptés à une population plus âgée, comme un petit bus pour se rendre en centre-ville."

Quid des autres administrations?

Mais alors que certaines administrations, dont le Trésor public ou la Sécurité sociale, possèdent déjà de nombreuses données sur les habitants de la France, le recensement fait-il encore sens? Oui, assure la cheffe du département démographie.

"En France, il y a une vigilance qui est accordée à la protection des données personnelles. Agglomérer des fichiers administratifs, cela permettrait en effet d'avoir une sorte de grand fichier de la population française mais on s'y est toujours refusé. Sans compter que les données administratives ne fournissent pas les mêmes informations que le recensement et ont même des définitions et localisations différentes."

Valérie Roux cite un exemple, celui des étudiants. S'ils sont localisés chez leurs parents par le Trésor public, ils sont comptabilisés dans leur ville de résidence par le recensement.

"Cela a des répercussions importantes: certaines villes étudiantes perdraient ainsi un nombre important de leurs habitants, ce qui aurait des conséquences sur les dotations qui leur sont accordées et réduirait, par exemple, les solutions de transports en commun ou les choix faits en matière de logement."

Si les données du Trésor public peuvent parfois être intégrées à celles du recensement, ce n'est pas réciproque. L'Insee l'assure: toutes les informations communiquées resteront anonymes, confidentielles et ne seront en aucune manière transmise à une administration tiers.

Céline Hussonnois-Alaya