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À Mayotte, près d'un tiers de la population vit dans un logement sans eau courante

Des habitants de Mayotte collectant de l'eau courante

Des habitants de Mayotte collectant de l'eau courante - Ornella LAMBERTI / AFP

Dans 60% des logements à Mayotte, il manque au moins l'eau courante, les toilettes ou encore la douche.

29% de la population de Mayotte (81.000 habitants) vit dans un logement qui n'a pas accès à l'eau courante, révèle une enquête de l'Insee sur l'évolution des conditions de logement à Mayotte, faisant suite au dernier recensement de 2017.

"Cette proportion est deux fois plus importante qu'en Guyane et cela représente 81.000 habitants", a déclaré Jamel Mekkaoui, directeur de l'antenne de l'Insee du 101e département français.

La situation s'est considérablement améliorée

Toutefois, la situation s'est considérablement améliorée. En 1997, 80% des logements n'avaient pas l'eau courante. Entre 2007 et 2012, le nombre de logements sans eau courante a baissé de moitié, mais il est reparti à la hausse entre 2012 et 2017 avec la hausse des constructions des bangas (cases) en tôle.

Ces constructions en tôle forment aujourd'hui 38% du parc immobilier mahorais. Et elles sont habitées dans 65 % des cas par des étrangers. Un peu plus de la moitié des bangas est dépourvue d'eau courante contre seulement 12% des logements en dur.

Sur les 18.300 ménages qui ne bénéficient pas d'eau courante dans leur logement, 7900 ont malgré tout un robinet dans leur cour et 3700 font appel à la solidarité des voisins, parents ou tiers. 

1600 ménages s'approvisionnent aux rivières

"Il y a 1600 ménages qui s'approvisionnent dans une rivière ou dans un ruisseau. Cela représente une hausse de 37% entre 2012 et 2017 et c'est en lien avec la forte immigration récente", explique Jamel Mekkaoui. 

"Les risques sanitaires associés à ce type d'approvisionnement (maladies hydriques, telles que la gastro-entérite ou la diarrhée) peuvent toucher 7 300 habitants, dont 1450 enfants de moins de 5 ans. Et dans le même temps, on observe une augmentation de 54% d'approvisionnement aux bornes-fontaines. Cela touche 3000 ménages dont 1000 dans les communes de Mamoudzou, Koungou et Dembeni, là où il y a le plus de bangas en tôle", explique Jamel Mekkaoui.

Le confort sanitaire de base est peu répandu dans l'habitat mahorais. Dans 60% des cas, il manque au moins l'eau courante ou les toilettes ou la douche à l'intérieur du logement. Ce taux monte à 95% pour les bangas en tôle, contre 37% pour l'habitat en dur.

"Cela ne signifie pas qu'il n'y a pas d'eau du tout. Souvent, il y a des toilettes ou un robinet dans la cour, mais ils sont partagés avec plusieurs habitations", précise Jamel Mekkaoui.

Alexandra Jaegy avec AFP