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42 tunnels sont encore dangereux en France

Sur les 1,35 milliard d'euros investis pour sécuriser les 85 tunnels gérés par l'Etat, 400 millions d'euros ont été consacrés à celui du Mont Blanc. Ce qui a permis d'y installer : 37 abris pressurisés, 3860 capteurs de chaleur et 120 caméras.

Sur les 1,35 milliard d'euros investis pour sécuriser les 85 tunnels gérés par l'Etat, 400 millions d'euros ont été consacrés à celui du Mont Blanc. Ce qui a permis d'y installer : 37 abris pressurisés, 3860 capteurs de chaleur et 120 caméras. - -

10 ans après le drame qui avait fait 39 morts dans le tunnel du Mont-Blanc, le bilan sécuritaire des tunnels en France n'est pas glorieux. Quels ouvrages restent des « pièges mortels » pour les automobilistes ?

Sur votre route quotidiennement, vous empruntez un tunnel qui vous semble dangereux, signalez-le nous dans le Forum ci-dessous.

Ce mardi 24 mars, c'est la journée de commémoration à Chamonix (Haute-Savoie) en mémoire des victimes de l'incendie du tunnel du Mont-Blanc. Le 24 mars 1999, un camion transportant de la farine avait pris feu en plein milieu du tunnel. Bilan : 39 morts, 35 véhicules brûlés, un incendie qui aura duré pas loin de 3 jours. Dix ans après la catastrophe, la sécurité des tunnels est-elle satisfaisante en France ? Pour André Denis, président de l'association de défense des victimes du tunnel du Mont-Blanc, qui a perdu dans le drame son épouse, sa fille et son gendre, la réponse est non. Selon l'association, 42 tunnels français « sont de véritables pièges mortels en cas d'accident », dont ceux du Fréjus (Savoie), de la Défense et des Halles à Paris.

Fréjus, la Défense... impossibles à évacuer

Philippe Fourny, journaliste et auteur de "L'incendie du tunnel du Mont-Blanc, chronique d'une catastrophe annoncée" (Editions du Mécène) revient sur cette liste des tunnels qui ne répondent pas aux normes de sécurité : « Parmi les plus dangereux, on retient le Fréjus, le tunnel de Tende sur les hauteurs de Nice, et beaucoup de tunnels en région parisienne, et notamment sous la plateforme de la Défense, où il y a un tel entrelacs de réseaux de métros, de RER, d'égouts, de canalisations, de parkings... on ne peut pas faire d'évacuation par une cheminée. Imaginez qu'un camion brûle sous la Défense, il pourrait y avoir de la fumée dans le RER. »
Il explique par ailleurs quelles sont les normes de sécurité en vigueur : « Les normes, c'est, en fonction de la densité de trafic et de la longueur, un refuge ou une porte de sortie. En circulation très dense, il en faut un tous les 100 mètres. C'est le cas du tunnel de la Défense, où vous n'en trouvez pas. En 2012, ces travaux devraient être engagés. Pour le Fréjus, il y a des exercices incendie mais ce n'est pas suffisant. Dans ce tunnel et dans celui de la Défense, on ne peut ni se réfugier, ni évacuer. »

Le tunnel de la Défense « standardisé dès 2012 » ?

Michel Déssayet, directeur du Centre d'Etudes du Tunnel, organisme officiel dépendant du ministère l'Écologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, dresse un bilan mitigé de la sécurité dans les tunnels français et promet des avancées rapides : « Sur les 85 ouvrages appartenant à l'Etat [pour la sécurité desquels 1,35 milliards d'euros ont été investis depuis le drame du Mont Blanc], on en recense un peu plus de 40 dont les travaux sont terminés, et autant pour lesquels il reste encore des choses à faire. A Fréjus, effectivement les travaux sont conséquents. Quand au tunnel de la Défense, il y a un certain nombre de choses à faire, notamment des mises à niveaux sur la ventilation, des issues de secours complémentaires ; on arrivera rapidement, en 2012, à un standard. Au niveau politique, cette priorité à la sécurité des tunnels est une réaffirmation permanente. »

La rédaction, avec Véronique Verdin