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1,2 million d'élèves harcelés à l'école

En France, 1,2 million d'élèves sont concernés par le harcèlement scolaire.

En France, 1,2 million d'élèves sont concernés par le harcèlement scolaire. - Jeff Pachoud - AFP

Ados harcelés ou parents de victimes lancent un manifeste pour briser le silence face au harcèlement. Ils appellent toutes les victimes du harcèlement scolaire à en parler et interpellent les pouvoirs publics. 

"C'est l'affaire de tous", écrivent-ils dans leur manifeste publié, ce mardi dans Le Parisien. Des enfants victimes de harcèlement scolaire et des parents plaident pour la fin du harcèlement à l'école. Un mal qui concerne 1,2 million d'élèves et dont il faut oser parler. Le harcèlement consiste en des violences répétées et prolongées, qu'elles soient physiques, verbales ou psychologiques.

A l'origine du manifeste, un documentaire qui sera diffusé sur France 2 le 10 février à l'occasion d'une journée spéciale. Dans celui-ci, des jeunes témoignent de l'enfer qu'ils ont vécu, brimés par leurs camarades à l'école. Des parents sont aussi là pour raconter le calvaire de leur enfant disparu après s'être suicidé. "Ensemble, par ce manifeste, nous interpellons les pouvoirs publics et la société toute entière, pour dénoncer et faire reculer le harcèlement à l'école, ici et maintenant", écrivent-ils. 

Face au harcèlement, le manque d'humanité

Les parents décrivent notamment le manque de réaction de l'Education nationale. Nora Fraisse, maman de Marion 13 ans, raconte au Parisien le manque "d'humanité" des membres de l'éducation nationale lorsque sa fille, cible d'insultes, s'est suicidée.

Face à la cruauté dont font parfois preuve les enfants dans les cours d'école, la mère de famille se veut pédagogique. "Les collégiens rêvent tous d'être populaires, il faut leur expliquer que cette popularité ne dure pas, qu'on ne rate pas sa vie si on ne l'est pas. Et surtout, il faut remettre les choses en place: non, on n'attaque pas les autres. Si un jeune insulte, la sanction doit tomber".

"La seule solution, c'est d'en parler"

Peu d'enfants osent encore franchir le pas et sortir du silence. Seul un collégien sur deux harcelé à l'école en parle à un adulte. Jacky, 19 ans raconte au journal comment il a été moqué par ses camarades à cause de son bégaiement. "Des élèves se sont mis à m'imiter, en 6e. Les amis m'ont lâché, parce qu'ils avaient peur d'être exclus à leur tour". Le jeune homme a enduré des brimades jusqu'à la 3e. "La seule solution, c'est d'en parler", insiste Jacky qui a tenté de se suicider. Aujourd'hui le jeune homme anime des ateliers dans les écoles pour sensibiliser les enfants.

Le manifeste insiste d'ailleurs sur "l'insuffisance" des "solutions mises en place dans la plupart des établissements scolaires". Légalement, les établissements ont pourtant l'obligation de prendre en compte le harcèlement. Un numéro vert existe toutefois pour saisir le médiateur de l'académie, le 0 808 807 010. Une plate-forme d'écoute mise en place par l'Education nationale existe également (0800.200.000). Nora Fraisse insiste "les conseils de discipline doivent reprendre du sens, les adultes doivent intervenir (...) il faut des moyens humains: il n'y a pas assez d'infirmières, pas assez d'assistantes sociales".

Le harcèlement, y compris le harcèlement à l'école est puni par la loi, jusqu'à trois ans d'emprisonnement.

Carole Blanchard