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OGM: l'étude Séralini n'est pas fiable, selon six Académies

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Le travail mené par Gilles-Eric Séralini sur la toxicité d'un maïs OGM sur des rats « ne permet aucune conclusion fiable » en raison de « nombreuses insuffisances », ont affirmé vendredi six Académies scientifiques françaises.

Le travail mené par Gilles-Eric Séralini sur la toxicité d'un maïs OGM sur des rats « ne permet aucune conclusion fiable », ont affirmé vendredi six Académies scientifiques françaises.
« Il est rare, en France, qu'un non-évènement scientifique de cette nature suscite de telles passions jusqu'à mobiliser aussi rapidement les membres du Parlement », estiment dans un communiqué les Académies nationales d'Agriculture, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences, des Technologies et Vétérinaire.
Dans l'avis, non signé, qu'elles publient sur internet (http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis1012.pdf), elles reconnaissent toutefois ne pas avoir organisé « une expertise approfondie » de l'article en question.

« De nombreuses insuffisances d'interprétation »

Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à Caen, est l'auteur d'une étude controversée sur la toxicité d'un maïs OGM menée sur des rats, sur une durée inhabituelle de deux ans.
Selon ces travaux publiés en septembre, la consommation du maïs transgénique NK603 et d'un herbicide contenant du glyphosate (RoundUp) de Monsanto par des rats est associée à un risque accru de tumeurs.
« Les six Académies estiment qu'en raison de nombreuses insuffisances de méthodologie et d'interprétation » les travaux pilotés par M. Séralini « ne peuvent remettre en cause les études ayant précédemment conclu à l'innocuité sanitaire du maïs NK603 ».
Les Académies critiquent notamment la méthodologie statistique employée pour évaluer la fréquence de survenue de tumeurs chez les rats, jugeant en outre que le choix des animaux utilisés, qui seraient naturellement sujets à des tumeurs, « est sujet à caution ».

La publicité de l'étude en accusation

Les Académies s'en prennent en outre à la stratégie de communication adoptée par le Pr Séralini.
Elles s'interrogent sur « la concomitance de la sortie de deux livres, d'un film et d'un article scientifique, avec l'exclusivité de leur contenu accordé à un hebdomadaire, assortie d'une clause de confidentialité y compris vis-à-vis des scientifiques, jusqu'à la conférence de presse » dévoilant l'étude.
« Ces conditions de diffusion vers la presse, mise dans l'impossibilité de s'informer au préalable et donc sans possibilité de commenter en connaissance de cause, ne sont pas éthiquement correctes, insiste le communiqué. L'orchestration de la notoriété d'un scientifique ou d'une équipe constitue une faute grave lorsqu'elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie ».

Alexandre Le Mer avec AFP