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Nuits des étoiles: que voit-on quand on regarde le ciel?

La voie lactée et des météores en avril 2018 à Fehmarn, île et ville d'Allemagne située dans la mer Baltique

La voie lactée et des météores en avril 2018 à Fehmarn, île et ville d'Allemagne située dans la mer Baltique - Daniel Reinhardt/AFP

Non, les étoiles qui brillent ne sont pas mortes. Mais il est vrai que lorsque l'on regarde le ciel, on regarde vers le passé.

C'est le rendez-vous estival des passionnés d'astronomie. Ce week-end se tiennent les Nuits des étoiles. À partir de ce vendredi soir, le ciel sera comme tous les ans sublimé par une pluie d'étoiles filantes. Un spectacle visible à l'œil nu si le ciel est dégagé et si vous vous trouvez dans un endroit épargné par la pollution lumineuse.

Entre le grain de sable et le petit pois

Une étoile filante, c'est un météore -un corps céleste- aussi gros qu'un grain de sable ou qu'un petit pois qui brûle en entrant dans l'atmosphère, produisant de la lumière. Ce week-end, ce sont les étoiles filantes des Perséides, constituées de débris de la comète Swift Tuttle, qui seront visibles. Il s'agit d'un essaim de météores filant à 200.000 km/h, vous devriez pouvoir en observer plusieurs dizaines par heure. 

"Les Nuits des étoiles tombent en plein milieu des Perséides mais elles sont visibles tout au long de l'été, de mi-juillet à mi-août, avec un pic la nuit du 12 au 13 août", explique à BFMTV.com Clément Plantureux, co-organisateur des Nuits des étoiles et chargé de mission à l'Association française d'astronomie (Afa).

"Une étoile filante, c'est tout petit, pas plus gros qu'une tête d'épingle, précise-t-il. Ce qu'on voit dans le ciel, c'est sa combustion quand elle arrive dans la haute atmosphère terrestre, à une centaine de kilomètres d'altitude. Le frottement la fait entrer en fusion, à 1700°C, et cela laisse une traînée lumineuse."

Constellation et supergéante rouge

En plus des étoiles filantes, les férus d'astronomie pourront également observer les constellations, ces ensembles d'étoiles reliées les unes aux autres par des lignes imaginaires pour créer des formes. Parmi les plus connues d'entre elles: la grande ourse, en forme de casserole, et la petite ourse, à l'allure d'un cerf-volant.

Autre curiosité: le triangle de l'été, "composé de Véga (de la constellation de la lyre), de Deneb (du cygne) et d'Altaïr (de l'Aigle). Véga, la plus brillante des trois étoiles, se situe très haut dans le ciel, tout proche du zénith; elle sera donc facilement repérable tout au long de la nuit", indique l'Afa.

Les étoiles sont des soleils, comme celui de notre système solaire, qui appartiennent à notre galaxie, la voie lactée. S'il est possible d'en voir à l'œil nu un peu moins de 10.000, la voie lactée en compte plusieurs centaines de milliards.

Si vous observez lors des nuits prochaines une grosse étoile rouge scintillante, sachez qu'il ne s'agira nullement d'un ovni mais d'Antarès, une supergéante rouge. Elle est presque 700 fois plus grande que le Soleil et en fin de vie. Car les étoiles meurent aussi. "Elle pourrait exploser demain comme dans un million d'années, l'échelle du temps humain est très faible par rapport au temps spatial", poursuit Clément Plantureux.

L'espérance de vie du Soleil

Selon sa masse, une étoile a une espérance de vie de quelques millions à quelques centaines de milliards d'années. Le Soleil, par exemple, est à mi-parcours: il compte déjà 4,5 milliards d'années d'existence et il lui reste encore 6 milliards d'années à briller. Mais en prenant compte du temps nécessaire à la lumière pour se déplacer, c'est en réalité le soleil tel qu'il était il y a huit minutes qui vous éblouit. Les astronomes comptent ainsi en année-lumière, soit la distance que parcours la lumière en une année, c'est-à-dire 10.000 milliards de kilomètres. Observer cette étoile, c'est remonter le temps.

C'est le même principe pour les étoiles que vous observez dans le ciel: si elles se trouvent à plusieurs années-lumière de la Terre, vous les voyez telles qu'elles étaient dans le passé. "Véga se trouve à vingt-cinq années-lumière, on voit donc sa lumière telle qu'elle a été émise il y a vingt-cinq ans", ajoute Clément Plantureux. En extrapolant, cela signifie que des extraterrestres qui se trouveraient à 66 millions d'années-lumière de la Terre la verraient telle qu'elle était à cette époque, lorsqu'un astéroïde a provoqué l'extinction des dinosaures.

Icare, l'étoile la plus éloignée qui ait pu être observée grâce au télescope Hubble, se trouve à 9,3 milliards d'années-lumière de la Terre. Les astronomes l'ont donc vue telle qu'elle était il y a 9,3 milliards d'années. Les étoiles seraient-elles si éloignées qu'elles seraient mortes avant que l'on ne perçoive leur lumière? 

Naissance et mort d'une étoile

Si le phénomène est rare, plusieurs supernovas -l'implosion d'une étoile en fin de vie- ont déjà été observées. La question se pose pour Eta Carinae, une étoile de notre galaxie à 7500 années-lumière, dont l'explosion apparaît imminente. Peut-être s'est-elle même déjà produite.

Mais observer une étoile qui serait déjà morte est une exception. La plupart de celles que vous admirerez se trouvent à quelques dizaines, voire centaines d'années-lumière. Si plusieurs siècles semblent une éternité sur Terre, à l'échelle du cosmos, c'est un battement de cœur.

"Sur toute l'histoire de la vie d'une étoile, quelques milliers d'années ne représentent qu'un tout petit laps de temps, poursuit Clément Plantureux. Sachant qu'on ne peut pas voir au-delà de 14 milliards d'années-lumière, soit l'origine de l'univers lorsque s'est produit le big bang."

Et peut-être même ne voyons-nous pas non plus les étoiles qui viennent de naître.

Céline Hussonnois-Alaya