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Les os d'un Néandertalien découverts en Normandie

Le squelette d'un homme de Néandertal et sa modélisation au musée des Sciences naturelles de Tokyo, au Japon (Photo d'illustration)

Le squelette d'un homme de Néandertal et sa modélisation au musée des Sciences naturelles de Tokyo, au Japon (Photo d'illustration) - Photaro - Wikimedia - CC

Des os d'un bras humain ont été mis au jour sur le site préhistorique de Tourville-la-Rivière, en Normandie. Ils datent d'environ 200.000 ans.

La famille Néandertal compterait un nouveau membre. Des os d'un bras humain datant de 200.000 ans ont été mis au jour sur le site préhistorique de Tourville-la-Rivière, en Seine-Maritime. Les fossiles humains se composent des trois os longs du bras gauche d'un même individu (humérus, cubitus et radius).

La découverte, qui remonte au 10 septembre 2010, a été présentée jeudi au cours d'une conférence de presse à Paris, simultanément à sa publication dans la revue scientifique américaine Plos One.

Il s'agit d'une découverte "exceptionnelle", a souligné un des chercheurs, Bruno Maureille (CNRS, Université de Bordeaux). "Elle documente une partie assez mal connue du peuplement de l'Europe du nord-ouest, où s'est individualisée la lignée néandertalienne", a-t-il expliqué.

Un grand adolescent

L'homme de Tourville-la-Rivière, tel qu'il est désormais nommé, est daté entre 236.000 et 183.000 ans, correspondant à la fin d'une période interglaciaire. Les chercheurs parlent d'un individu "pré-Néandertalien", situant les Néandertaliens plutôt entre -118.000 et -30.000.

Mais ses caractéristiques morphologiques "annoncent ce qu'on va retrouver chez Néandertal et permettent de faire l'hypothèse qu'il est bien un membre de cette lignée", a souligné Bruno Maureille. Les os fossiles ne permettent pas de déterminer son sexe, mais les chercheurs estiment qu'il s'agit d'un individu adulte ou grand adolescent.

Il a été découvert par des archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), lors de fouilles en prévision de l'exploitation d'une carrière de sable et de graviers, dans un des méandres de la Seine, à une quinzaine de km en amont de Rouen. C'est la deuxième découverte de ce type en France, après les deux crânes fragmentaires de Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), mis au jour au début des années 80 dans le nord. En Europe du nord-ouest, les rares fossiles humains de cette période proviennent d'une dizaine de sites seulement, en Allemagne et en Angleterre.

A. K. avec AFP