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La planète a déjà épuisé ses réserves pour 2014

Le réchauffement climatique et la fonte des glaces est due à l'utilisation abusive des ressources naturelles.

Le réchauffement climatique et la fonte des glaces est due à l'utilisation abusive des ressources naturelles. - longhorndave - Flickr - CC

Selon l'ONG Footprint Network, l'humanité a déjà utilisé les ressources renouvelables de la Terre pour 2014. Diane Simiu, de WWF, et Nicolas Hulot explique à BFMTV les conséquences de cette situation.

L'humanité vit à crédit depuis mardi. Les ressources naturelles que la Terre produit en une année ont déjà été utilisée entre le 1er janvier et le 19 août, et à partir de maintenant, la population mondiale puise sur ses réserves, selon l'ONG Footprint Network.

"Si on fait l'analogie avec un ménage qui dépense plus qu'il ne gagne, nous sommes en train d'hypothéquer la maison, et nous n'aurons rien à laisser à nos enfants", résume Diane Simiu, directrice des programmes de WWF France, interrogée par BFMTV.

Selon elle, cette situation est due à deux facteurs, la démographie et la hausse de la consommation. "D'ici la moitié du siècle, il faudra trois planètes pour produire les ressources renouvelables dont nous avons besoin, quand aujourd'hui, il faut déjà une planète et demie", précise-t-elle.

Parmi les effets à venir de cette consommation débridée, Diane Simiu rappelle deux conséquences: le réchauffement climatique, qui pourrait conduire à une hausse de 5 degrés de la température mondiale d'ici à la fin du siècle. Mais également l'épuisement des stocks de poissons, qui fournissent 15% des protéines utilisées par l'humanité.

L'arbre qui cache la forêt

Mais l'ONG Footprint Network ne prend en compte que les ressources renouvelables, comme les produits agricoles ou la quantité de gaz à effet de serre que la Terre peut absorber.

"Il faut également penser aux ressources non renouvelables, comme les métaux. L'aluminium, le plomb, le cuivre… Si on continue sur le même modèle de production, il n'y en aura plus", prévient Nicolas Hulot, envoyé spécial de Protection de la planète.

"On découvre un peu tard qu'on vit en surrégime", remarque-t-il. "Tout le monde attend le retour d’une croissance, mais elle ne reviendra jamais. Il faut trouver un système qui permet de prospérer sans épuiser les matières premières".

Des solutions globales et individuelles

Et pour Nicolas Hulot, il faudra forcément passer par un changement de système global: "Il faut des règlements, des normes, une fiscalité incitative et dissuasive", estime-t-il. "En tant que consommateur, nous avons des leviers", rappelle cependant Diane Simiu. "Il faut consommer moins de viandes, et des produits labellisés FSC et MSC: c'est le seul moyen d'être sûr que ces produits sont gérés de manière durable."

Joseph Sotinel