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INFOGRAPHIE - La consommation d'énergie des Français en période de froid

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- - Franz Jachim

Quelques degrés de moins au thermomètre et la France entière craint une panne de courant généralisée. La vague de froid de ce janvier 2017 nous rappelle notre "thermosensibilité".

C’est l’inquiétude du Réseau de transport d’électricité (RTE) depuis le début de la vague de froid qui sévit en France: les coupures de courant. En hiver, notre consommation d’électricité suit de très près le thermomètre. Avec des minimales atteignant mardi -10 degrés dans l’Est de la France et des températures négatives sur le reste du territoire, le réseau risque la saturation. En cause, notre parc de chauffage, essentiellement électrique. La France est un pays dit "thermosensible". Explication en chiffres.

La France dépendante de l’électricité pour se chauffer

Pour visualiser l’impact du thermomètre sur la consommation électrique, nous avons comparé l’hiver le plus froid à l’hiver le plus doux de la dernière décennie. Le pic historique date du 8 février 2012. La puissance consommée a atteint 94 gigawatts pour toute la France métropolitaine, contre 67 gigawatts un jour d’hiver moyen. Durant ce mois glacial, les températures ont chuté de –10 degrés à –14 degrés quotidiennement sur plusieurs régions, avec des extrêmes allant jusqu’à -18 degrés en basse altitude.

Quelques années plus tard, la France connaît l’un de ses hivers les plus doux, en 2014. Les températures moyennes ont été supérieures de 1.8 degrés aux normales durant toute la saison. La facture des Français se voit nettement allégée. La puissance demandée ne dépasse jamais les 76 gigawatts et reste régulièrement en-dessous de la moyenne hivernale.

La consommation française d’électricité est donc particulièrement dépendante de la météo. Pour chaque degré de température en moins, au niveau national, la tension augmente de 2.400 mégawatt, selon le RTE, avec une sensibilité accrue à 19 heures. Dans cette tranche horaire, les Français regagnent leur domicile et allument le radiateur, entraînant une saturation du réseau. 

Pour réduire la "thermosensibilité" de l’Hexagone, l’Etat cherche à réduire la part du chauffage électrique dans les logements neufs. Depuis la réglementation thermique de 2012, la part de ce marché dans les nouvelles résidences est passé de 40% à moins de 30%. Ce chiffre était encore de 70% en 2006, expliquant que de nombreux Français se chauffent aujourd'hui à l'électricité. 

Pour limiter les risques de pannes ce soir, le RTE conseille de différer l’allumage de ses appareils électriques et de limiter les veilles. Ségolène Royal rappelle également les gestes écolos sur son compte Twitter, comme le recours aux LED ou l’utilisation d’un programmateur. Les entreprises pourraient également être mise à contribution. Moyennant compensation, les grandes usines peuvent se porter volontaires pour diminuer temporairement leur approvisionnement.

Emeline Gaube