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Zika: un risque de transmission sexuelle pendant six mois?

Les hommes et les femmes revenant d’une zone où le virus Zika est en circulation doivent pratiquer le sexe à moindre risque, y compris en utilisant correctement et régulièrement des préservatifs.

Les hommes et les femmes revenant d’une zone où le virus Zika est en circulation doivent pratiquer le sexe à moindre risque, y compris en utilisant correctement et régulièrement des préservatifs. - iStock - xtrekx

Les chercheurs ont retrouvé des traces du virus zika dans le sperme d'un Italien six mois après l'apparition des symptômes. C'est la première fois qu'une période aussi longue est enregistrée, ce qui pourrait amener les autorités sanitaires à revoir leurs recommandations.

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Les chercheurs n'en finissent pas de découvrir les propriétés du virus Zika, dans le but de développer un vaccin, mais aussi ses risques toujours plus nombreux. Alors que ses conséquences sur le fœtus ne se résumeraient pas seulement à la microcéphalie et au syndrome de Guillain-Barré, des scientifiques ont fait une nouvelle découverte en ce qui concerne le risque de contamination en cas de rapport sexuel non protégé. A ce sujet, l'OMS établit que:

"Les hommes et les femmes revenant d’une zone où le virus zika est en circulation doivent pratiquer le sexe à moindre risque ou s’abstenir de tout rapport pendant au moins 8 semaines, voire six mois pour les hommes présentant des symptômes".

Mais le cas récent d'un homme infecté intrigue les chercheurs, car ces derniers ont détecté la présence du virus zika dans son sperme au moins six mois après l'infection. L'homme âgé de 40 ans a développé une fièvre et une éruption cutanée après avoir contracté le virus, à son retour d'Haïti, en Italie.

Le virus moins présent dans le sang ou les urines

Il s'agit du fluide corporel où le virus était détectable le plus longtemps car les tests en laboratoire ont démontré sa présence dans le plasma sanguin jusqu'à 9 jours après l'apparition des symptômes, jusqu'à 15 jours dans les urines et jusqu'à 47 jours dans sa salive. L'analyse de son cas a été publiée dans la revue européenne Eurosurveillance dans laquelle il est précisé que "la charge virale dans l'urine était plus élevée que dans le sang, mais a rapidement diminué à des niveaux indétectables deux semaines après le début des symptômes".

L'excrétion du virus dans le sperme était quant à elle "soutenue et persistante", et encore détectable au jour 181 après l'apparition des symptômes, en particulier après un pic au 14ème jour. Une première, comme ce fut le cas récemment avec la découverte du risque de transmission par voie sexuelle de la femme à l'homme établi formellement en juillet dernier dans une étude, après un signalement des autorités sanitaires new-yorkaises. Alors qu'aucune donnée n'était disponible sur ce sujet, ce nouveau cas laissait déjà penser que le risque de transmission par voie sexuelle du Zika pourrait être plus élevé.

Le risque maximum était limité à 62 jours

"Les mécanismes de persistance dans l'hôte humain, dans ses réservoirs cellulaires, ainsi que les mécanismes de clairance virale (capacité d'un organisme à débarrasser un fluide d'une substance donnée) sont encore inconnus et devraient être étudiés", précisent les chercheurs.

Les résultats de cette étude pourraient ainsi avoir des implications potentielles en ce qui concerne les recommandations sanitaires de l'OMS: pour écarter tout danger, faut-il attendre plus de six mois après l'apparition des symptômes pour avoir un rapport sexuel non protégé ou concevoir un enfant? Ce délai représente trois fois la période où la plus longue persistance du virus dans le sperme avait été détectée chez un homme après l'apparition des symptômes (62 jours).

Sans compter que si "la transmission avec une charge faible du virus dans le sperme n'a pas été établie, elle ne peut pas être exclue", soulignent les chercheurs. Ces derniers se font néanmoins prudents et soulignent que le cas particulier de cet homme peut aussi s'expliquer par le fait qu'il pourrait simplement s'agir d'une trace d'infection passée. C'est pour cette raison que le risque de transmission du virus par cette voie précise doit faire l'objet d'études plus approfondies.

Alexandra Bresson