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Une troisième dose de vaccin pour renforcer l'immunité? Ce qu'en disent les scientifiques

Vaccination à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne, le 31 mai 2021

Vaccination à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne, le 31 mai 2021 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Cette injection supplémentaire serait, pour le moment, uniquement à destination des personnes âgées et fragiles, plus à risque de faire des formes graves du Covid-19.

Bientôt une troisième dose? La possibilité de faire un rappel vaccinal, notamment pour les personnes fragiles, avec une troisième injection contre le Covid-19, a été évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois. Cette hypothèse a de nouveau été soulevée ce jeudi par le Premier ministre Jean Castex.

"Sans doute pour les plus vulnérables, qui ont été vaccinés les premiers (...) il nous faudra une troisième dose parce que les défenses immunitaires s'affaiblissent", a-t-il déclaré devant le Congrès de Villes de France.

"Un rappel pour les personnes âgées"

Ce n'est pas une première. La Direction Générale de la Santé avait déjà, dans un avis daté du 6 avril, recommandé "l’injection systématique d’une troisième dose de vaccin pour les personnes sévèrement immunodéprimées" et ce "4 semaines après la deuxième dose, ou dès que possible pour les personnes qui auraient déjà dépassé ce délai". "L’injection d’une troisième dose de vaccin est nécessaire pour les personnes sévèrement immunodéprimées", répète la DGS dans un document du 6 mai.

Il est aujourd'hui question d'étendre à une population plus large cette troisième injection, comme l'avait déjà recommandé le patron de Moderna, pour les personnes à risques, mais également celui de Pfizer. "Une hypothèse vraisemblable est qu'une troisième dose sera probablement nécessaire, entre six mois et douze mois, et à partir de là, il y aura une vaccination à nouveau chaque année, mais tout cela doit être confirmé", avait indiqué Albert Bourla, PDG de Pfizer mi-avril.

"Quand on va faire deux injections avec le vaccin Moderna et que l'on fait une troisième injection six mois après, on va avoir des anticorps qui vont remonter de manière très importante", expliquait sur BFMTV fin mai l'immunologue Jean-Daniel Lelièvre. "Ils vont être dirigés à la fois contre la souche initiale, mais également contre les variants".

"Quand vous avez 90 ou 95 ans, votre système immunitaire répond moins bien" expliquait fin juin sur France Info le ministre de la Santé Olivier Véran. "C'est pour cela qu'on envisage de faire une troisième vaccination, un rappel pour les personnes âgées dans les Ehpads. Peut-être faudra-t-il le faire pour booster leur immunité", avait-il déclaré, soulignant que cette possibilité était pour le moment réfléchie "uniquement pour les personnes âgées a priori".

"Nous manquons de données"

"Nous sommes encore en cours de réflexion, nous manquons de données", a déclaré le monsieur Vaccin du gouvernement Alain Fischer auprès du Monde, dans une interview publiée ce jeudi. "Les recherches sont en cours. Trois, voire quatre doses, des doubles doses… Ou pour ceux qui n’ont pas d’anticorps du tout, une injection prophylactique d’anticorps monoclonaux. Tout cela est testé", expliquait-il.

"Le fond de ma pensée, c'est qu'il faudra une troisième dose pour stimuler un système immunitaire qui est un peu défaillant quand on a un certain âge, pour les personnes au-dessus de 60 ou 70 ans", avait également déclaré le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy fin juin sur France Inter. Lui aussi soulignait toutefois qu'il n'y avait "pas encore de données scientifiques extrêmement solides là-dessus".

D'après une étude publiée fin juin par l'université d'Oxford concernant le vaccin AstraZeneca, une troisième dose injectée plus de six mois après la deuxième entraîne une "augmentation importante" des anticorps et provoque une "forte hausse" de la réponse immunitaire contre le Covid-19, y compris contre les variants.

"On ne sait pas si des injections de rappel seront nécessaires en raison de la diminution de l'immunité ou pour augmenter l'immunité contre les variants préoccupants", avait expliqué Teresa Lambe, autrice principale de cette étude. Elle explique toutefois que les recherches montrent qu'une troisième dose de vaccin "est bien tolérée et augmente considérablement la réponse en anticorps. C'est une nouvelle très encourageante, si nous devions constater qu'une troisième dose est nécessaire".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV