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Un simple test sanguin pourrait dépister l'autisme

L’autisme est un trouble neuro-développemental précoce qui dure toute la vie.

L’autisme est un trouble neuro-développemental précoce qui dure toute la vie. - iStock - UrsaHoogle

Des chercheurs américains ont mis au point un algorithme prédictif en ce qui concerne le risque de trouble du spectre de l'autisme (TSA) chez l'enfant. Cette méthode, qui nécessite un échantillon sanguin, permettrait de réaliser un diagnostic plus précoce, car n'existe aujourd'hui aucun test médical à cet effet.

L’autisme est un trouble neuro-développemental précoce qui dure toute la vie et pour lequel il n’existe pas, à l’heure actuelle, de médicament spécifique. Il est majoritairement repéré pendant l'enfance, mais le diagnostic est possible tout au long de la vie. Ce dernier est d'abord clinique, c’est-à-dire qu’il s’appuie sur l’observation des comportements, car il n’existe à ce jour aucun examen biologique ni radiologique capable de le réaliser.

C'est précisément l'objectif de chercheurs de l'Institut polytechnique Rensselaer à Albany, aux Etats-Unis, qui travaillent actuellement sur un test de dépistage. Les recherches portent sur la mise au point d'un algorithme basé sur les niveaux de métabolites trouvés dans un échantillon de sang. Leur étude précise que cet algorithme permettrait de prédire si un enfant est concerné par un "trouble du spectre de l’autisme" (TSA), un terme qui traduit la grande diversité des personnes autistes dans leurs compétences et leurs fonctionnements.

En cas de succès, il s'agirait du premier test physiologique pour l'autisme, qui pourrait ouvrir la porte à un diagnostic plus précoce. "Nous avons étudié les profils de plusieurs métabolites et trouvé des différences significatives entre les métabolites d'enfants atteints de TSA et ceux d'enfants qui sont neurotypiques. Elles nous permettent de catégoriser si un individu est sur le spectre de l'autisme", a déclaré Juergen Hahn, principal auteur de l'étude.

En mesurant 24 métabolites dans un échantillon de sang et leur concentration, cet algorithme peut même, dans une certaine mesure, savoir sur quel degré l'enfant peut se situer dans le spectre de l’autisme. Pour confirmer la fiabilité du dispositif, les chercheurs ont fait appel à 149 personnes, dont la moitié présentait un TSA. Ce dernier a correctement identifié 96,1% de tous les participants neurotypiques et 97,6% des personnes membres de la cohorte TSA.

Gagner un temps précieux

"Beaucoup d'études ont examiné un biomarqueur, un métabolite, un gène, et ont trouvé quelques différences, mais la plupart du temps ces différences n'étaient pas statistiquement significatives", explique le professeur Juergen Hahn. "Notre contribution consiste à utiliser de grandes techniques de données qui sont capables d'analyser une suite de métabolites qui ont été corrélés avec le trouble du spectre de l’autisme". 

Les chercheurs espèrent que ce travail mènera à un test largement disponible, pour un diagnostic plus précoce que les méthodes actuelles. La prochaine étape consiste à mener une nouvelle étude sur une autre cohorte de personnes suivies par des spécialistes. A long terme, ils espèrent que ce nouveau modèle de dépistage permettra de développer des traitements. Il est primordial de poser au plus vite le diagnostic de l'autisme, puisque plus ce trouble est identifié tôt, plus les progrès seront possibles.

"Il est démontré que les personnes autistes accompagnées dès leur plus jeune âge présentent des différences notables avec ceux qui ont commencé plus tard. Le fait de profiter de la période de jeunesse, et donc de la grande plasticité du cerveau pour apprendre des comportements adaptés, permet d’empêcher certaines manifestations problématiques de s’installer durablement", indique le ministère de la Santé. Selon la Haute autorité de santé, le diagnostic peut être établi le plus souvent à partir de l’âge de 2 ans.

Alexandra Bresson