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Purple drank: les autorités mettent en garde contre la drogue des ados

Le "purple drank" est une boisson à base de médicament dont l'usage est détourné.

Le "purple drank" est une boisson à base de médicament dont l'usage est détourné. - David Long - AFP

La consommation de cette boisson, composée de sirop contre la toux, d'antihistaminiques et de soda, augmente de façon préoccupante. L'ANSM lance un appel à la vigilance.

C'est un phénomène connu depuis les années 90, notamment aux Etats-Unis, mais qui préoccupe les autorités sanitaires françaises. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de lancer une mise en garde sur ce qu'on appelle le "purple drank". La consommation de ce cocktail, composé à partir d'un "usage détourné" de plusieurs médicaments, s'est répandue au cours des derniers mois.

Le "purple drank" tient son nom de la couleur violacée que prend la boisson une fois les composants mélangés. Le cocktail se compose de sirop contre la toux à base de codéine, d'antihistaminique et de soda, voire d'alcool pour certaines variantes. Ces médicaments sont détournés de leur usage et mélangés dans le but d'obtenir un effet relaxant et désinhibant. 

De la somnolence aux convulsions

Or, les risques liés à l'absorption de cette boisson sont multiples. La codéine, qui peut aussi être utilisée comme analgésique pour lutter contre la douleur, peut engendrer des problèmes d'addiction. L'autre risque, mis en évidence par l'ANSM, est lié à l'alliance de la codéine et d'une autre molécule, représentant un risque aigu de toxicité pour le foie, jusqu'à des hépatites fulminantes.

Les autorités sanitaires demandent aux médecins, pédiatres, pharmaciens et à tout autre personnel de santé d'observer une vigilance toute particulière quant aux demandes de médicaments contenant un dérivé opiacé ou un antihistaminique. Les symptômes relatifs à la prise du "purple drank" peuvent aller de la somnolence à des troubles du comportement, comme un syndrome confusionnel des délires ou même des convulsions.

Connue depuis 2009, la consommation de "purple drank" était alors rare. Entre cette date et 2014, seuls 17 cas ont été signalés, selon un compte rendu du comité technique des centres d'évaluation et d'information sur la pharmacodépendance (CEIP), repéré par Le Figaro. Sauf qu'en l'espace de huit mois, entre janvier et août 2015, ce sont 18 cas de consommation qui ont été répertoriés.

J.C.