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Pourra-t-on détecter la bipolarité avec une simple prise de sang?

Alcediag, une société française, développe actuellement un test sanguin dont l'objectif est de distinguer la dépression classique et la bipolarité. Elle vise une mise sur le marché l'année prochaine.

C'est la promesse de la société française Alcediag que BFMTV vous révèle ce lundi matin. Elle développe le premier test sanguin pour distinguer dépression classique et bipolarité. Et vise une mise sur le marché l’an prochain.

Ce projet, c'est le résultat de dix années de recherche, de la combinaison de la biologie et de l'intelligence artificielle. A partir de quelques gouttes de sang, des scientifiques extraient l'acide ribonucléique ou ARN, un messager de l'ADN qui peut être modifié par certaines maladies psychiatriques.

"Le cerveau est un organe comme autre, quand il dysfonctionne, quand il est malade, il émet dans le sang des signaux qu'on appelle des biomarqueurs qu'il est possible d'identifier et de mesurer", nous explique Dinah Weissmann, directrice Scientifique de la société Alcediag.

Une signature sanguine de la maladie

L'ARN est purifié, amplifié, et marqué au niveau de cibles préalablement déterminées. Il est ensuite introduit dans des séquenceurs de nouvelle génération. Ces machines vont lire les séquences marquées. C'est ce qu’on appelle le séquençage.

Grâce à l'intelligence artificielle et aux algorithmes, les scientifiques obtiennent ensuite pour chaque patient une signature sanguine de la maladie. Elle permet notamment de distinguer la dépression classique de la bipolarité, un trouble qui fait alterner état de tristesse et d’euphorie. Selon les spécialistes, ce trouble touche entre 1 et 4% de la population, soit plus d’un million de Français. Mais il n'est pas toujours évident à repérer.

Outil précieux pour les patients et les médecins

"Aujourd’hui, il faut souvent plus de dix ans pour diagnostiquer un trouble bipolaire. Dans la moyenne, c'est environ 7 ans. Avec notre travail, c'est le temps de faire une prise de sang et de l'analyser c'est-à-dire quelques heures, quelques jours au maximum", se réjouit Alexandra Prieux, présidente de la société Alcediag.

Ce test serait un outil précieux pour les patients et pour les médecins. "Nous sommes en grande demande d'éléments qui nous permettent d'affiner le diagnostic en plus des aspects cliniques, notamment des marqueurs biologiques ou de neuroimagerie. Si un test venait à voir le jour, nous serions les premiers à y recourir", assure Florian Ferreri, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP).

800 patients testés

Avec un diagnostic simplifié, ce test permettrait de mieux orienter les traitements:

"La prise en charge médicamenteuse ou non médicamenteuse n’est pas la même entre une dépression isolée et un trouble bipolaire. Plus tôt on pourra trouver un traitement adapté, plus le profil évolutif de la maladie sera favorable", ajoute le médecin.

Le test a été testé sur 800 patients, dont 600 du service psychiatrie du CHU de Montpellier. La société Alcediag espère une mise sur le marché européen l’an prochain.

Margaux de Frouville