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Plomb à Notre-Dame: 175 dépistages d'enfants, deux cas au-dessus du seuil de vigilance

Ce mardi soir, l'Agence régionale de santé a publié un point de situation sur le dépistage de grande envergure entrepris auprès des enfants vivant près de la cathédrale Notre-Dame de Paris après l'incendie. En trois mois et demi, il apparaît que sur les 175 plombémies réalisées sur des enfants, seuls deux cas débordant le seuil de déclaration obligatoire ont été relevés.

La plombémie consiste à examiner la concentration de plomb dans le sang d'un individu dont on suppose qu'il a été exposé récemment ou régulièrement à ce métal, afin de savoir s'il a ou non contracté le saturnisme. 175 d'entre elles ont été réalisées sur des enfants vivant près de la cathédrale Notre-Dame de Paris - dont l'incendie le 15 avril dernier a fait s'échapper en l'air des volutes de plomb - ou inscrits dans une école située près d'un point où des prélèvements supérieurs à 5000 microgrammes par mètre carré avaient été effectués.

C'est ce que révèle le communiqué publié ce mardi soir par l'Agence régionale de santé (ARS) qui donne le détail des résultats de ces examens. 

Deux enfants au-dessus du seuil

146 de ces plombémies ont mis en évidence des taux inférieurs au seuil de vigilance de 25 microgrammes par litre de sang. 16 sont situées dans l'intervalle de vigilance, c'est-à-dire entre 25 et 50 microgrammes par litre de sang. Deux plombémies ont en revanche révélé une concentration de plomb supérieure au taux de déclaration obligatoire aux autorités sanitaires, c'est-à-dire supérieure à 50 microgrammes par litre. 

Ces deux plombémies dépassant le seuil fixé sont à distinguer. Le premier a en effet été signalé par l'ARS dès le 4 juin, et l'enquête environnementale conduite au foyer de l'enfant avait montré qu'une source de pollution s'y trouvait, indépendamment et préalablement à l'incendie partiel de la cathédrale.

La seconde plombémie problématique, concernant un enfant scolarisé près d'une zone où des valeurs de 5000 microgrammes par mètre carré ont été recensées, a en revanche été opérée plus récemment, le 31 juillet. Et l'enquête environnementale doit encore démêler l'origine du mal. Ses conclusions sont attendues pour les prochains jours. 

18 personnes suivies

Le communiqué de l'ARS précise:

"Le taux observé chez cet enfant ne nécessite pas de thérapeutique particulière mais impliquera un suivi régulier. Par ailleurs, le dépistage réalisé sur sa jeune sœur, scolarisée dans le même groupe scolaire, a révélé un taux inférieur au seuil de vigilance."

Par ailleurs, les seize personnes dont la plombémie était jaugée dans l'intervalle de vigilance, ainsi que le premier enfant porteur d'une concentration en plomb trop importante et dépisté le 4 juin, sont également suivis individuellement "par le Centre antipoison et de toxicovigilance en complément d’un suivi par le médecin traitant", note le document.

Robin Verner