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OGM : et en France ?

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La publication d'une étude accablante contre les OGM agite l'Europe. Le groupe Monsato est pointé du doigt et les conclusions des différentes agences européennes de santé sont attendues pour prendre des mesures adaptées.

L’étude la plus complète au monde concernant les OGM a été publiée. Et ses conclusions sont alarmantes. Les chercheurs français ont montré le développement de tumeurs grosses comme des balles de ping-pong sur des rats nourris avec un maïs OGM de Monsanto importé en Europe.

"On sert de cobayes"

L'étude porte sur le maïs OGM NK603 ainsi qu'un maïs OGM traité au Roundup, l'herbicide le plus utilisé au monde et fabriqué par Monsanto : dans les deux cas les mortalités ont été rapides.

"Si l'étude était validée, ça voudrait dire qu'on sert de cobaye. Il s'agirait d'un grave problème de santé publique et d'une mise en cause des procédures de validation française et européenne d'importation", estime François Lucas, président de la Coordination rurale.

La France importe aussi d'importantes quantités de soja génétiquement modifié pour nourrir le bétail : 80% des animaux d’élevage consomment des céréales contenant des OGM.

Selon Greenpeace, "indirectement on mange des OGM, mais ce n'est pas affiché sur les produits". Car si le maïs NK 603 est interdit de culture en Europe et d’usage dans les aliments que nous consommons directement, il est autorisé à l’importation pour l’alimentation animale.

Conditions d'importations "floues"

En attendant l'avis de l'Agence européenne de sécurité des aliments, la Commission européenne a annoncé le gel de l'examen de la demande de renouvellement de l'autorisation de culture accordée à Monsanto pour un autre OGM, le MON 810, l'un des deux seuls OGM dont la culture est autorisée en Europe. L'autre étant une pomme de terre.

Bruxelles a promis de "tirer toutes les conséquences" si l'EFSA estime qu'il ressort "des faits scientifiques nouveaux" de cette expérience d'envergure sur le NK 603, publiée dans la revue "Food and Chemical Toxicology" et dirigée par le professeur Gilles-Eric Séralini de l'université de Caen.

Paris, qui bataille depuis des mois auprès de l'Union européenne contre la culture d'OGM en Europe, a de son côté saisi l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses). Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a appelé ce mercredi à une "réforme profonde" des procédures d'homologation des cultures génétiquement modifiées dans l'UE afin de les rendre "beaucoup plus strictes", dénonçant un "flou juridique".

L'étiquetage peu encadré

Depuis 2004, les produits alimentaires contenant plus de 0,9% d’ingrédients génétiquement modifiés doivent porter la mention "issu d’organisme génétiquement modifié". Mais les produits en contenant moins de 0,9% d’OGM ne sont soumis à aucune obligation de transparence.

Le gouvernement français se dit prêt, en fonction de son avis, à demander à Bruxelles des "mesures qui pourront aller jusqu'à suspendre en urgence l'autorisation d'importation dans l'Union européenne du mais NK 603".

Vidéo : Anna Moreau, Florian Rivais et Pauline Ranger

M. B. avec AFP