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Nouvelle souche du coronavirus: les pays de l'UE appelés à séquencer davantage le virus

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Photo d'illustration - Hazem Bader

Devant l'apparition d'une nouvelle variante du Covid-19, apparemment plus contagieuse encore, le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies a exhorté dimanche les autorités sanitaires à séquencer et analyser le virus régulièrement.

Alors qu'une nouvelle variante du Covid-19 est apparue au Royaume-Uni, le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies a exhorté ce dimanche sur son site: "Les autorités publiques sanitaires et les laboratoires doivent analyser et séquencer les isolats du virus dans les temps afin d'identifier les cas relevant de cette nouvelle variante".

Déterminer la composition du génome

Il s'agit là du "séquençage", un terme aussi clair pour les scientifiques qu'obscur pour la majorité d'entre nous. Il désigne en fait le processus qui consiste à détailler et déterminer la composition d'un génome. En l'espèce, le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies souligne que le séquençage a permis d'établir que cette nouvelle forme du virus comportait de nombreuses mutations de protéines spiculaires, composantes via lesquelles le Covid-19 pénètre les cellules.

Si on suspecte cette nouvelle souche du virus d'être plus aisément transmissible - la hausse de contagiosité irait jusqu'à 70% selon les experts - on ignore si elle joue dans un sens ou dans un autre sur sa mortalité, ni dans quelle mesure elle s'est déjà répandue au-delà des îles britanniques.

La France mauvaise élève

Dimanche, la France a décidé de suspendre pour 48 heures les déplacements entre l'Hexagone et le Royaume-Uni. Mais au chapitre du séquençage, la France a encore beaucoup à faire. Notamment dans la publication des résultats de ces analyses. Samuel Alizon, chercheur au CNRS et spécialiste de la modélisation des maladies infectieuses, est ainsi intervenu auprès de Libération mercredi dernier: "La France a partagé environ 2500 séquences contre 123.000 pour le Royaume-Uni".

Le 3 novembre dernier, l'Académie des sciences et l'Académie de médecine avaient d'ailleurs émis un communiqué commun, n'hésitant pas à solliciter "la responsabilité des chercheurs" et "la vigilance de leurs tutelles scientifiques" pour que "cesse cette rétention d’information qui jette le discrédit sur l’ensemble de notre communauté scientifique et médicale nationale".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV