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Mort d'une adolescente de 16 ans du coronavirus: les experts évoquent un cas "exceptionnel"

La jeune Julie A., morte du Covid-19 à l'hôpital Necker de Paris, ne présentait aucune maladie préexistante et ne souffrait que d'une toux légère la semaine précédant son hospitalisation. Un cas de figure rarissime - pour l'instant - chez les cas graves admis en réanimation.

Il s'agit d'un cas de figure qui demeure rarissime à ce jour. Du moins, au stade de la pandémie de nouveau coronavirus. Dans la nuit de mardi à mercredi, la jeune Julie A. est morte du Covid-19 à l'âge de 16 ans, à l'hôpital Necker de Paris. Qui plus est, l'adolescente ne présentait aucune comorbidité - à savoir, aucune maladie préexistante pouvant potentiellement aggraver ou accélérer les symptômes du virus.

D'où les propos jeudi soir de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, d'après qui ce décès est "une information importante car (...) les formes sévères chez les sujets jeunes sont extrêmement rares".

"Elles surviennent de temps en temps pour des raisons multiples. On le voit notamment dans certaines infections virales (avec) des formes extrêmement sévères exceptionnelles", a-t-il développé.

Jérôme Salomon n'en a pas dit davantage sur le cas spécifique de Julie A. Invité deux heures plus tard d'une édition spéciale de Vous avez la parole sur France 2, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran en a fait de même, préférant taire les détails "du fait du secret médical". 

Une "mécanique imprévisible"

Difficile d'y voir clair donc, quand bien même les circonstances de la mort de l'adolescente originaire de l'Essonne ont été vite dévoilées, notamment par sa mère et sa sœur, interrogées par l'AFP et Le Parisien. Selon Alain Ducardonnet, consultant santé pour notre antenne, la mort brutale de Julie A. met en lumière la mécanique particulière et imprévisible "de cette maladie Covid-19".

"Ça commence comme une infection virale classique (...) et ça va durer pendant 5, 6, 7 jours, pendant lesquels l'organisme va lutter avec ses armes habituelles, ses anticorps, par rapport à ce virus qu'il ne connaît pas", développe-t-il, avant d'évoquer les cas où notre système immunitaire "va s'emballer" et se mettre en "surexposition".

"C'est là où le phénomène inflammatoire va être extrêmement délétère", poursuit Alain Ducardonnet, qui insiste sur le fait que tout cela peut se produire sur une fenêtre de 24 à 36 heures. "Dès qu'on a des signes respiratoires oui, il faut appeler le 15", rappelle-t-il. 

Peu de cas graves chez les 15-44 ans

Comme le rappelle le dernier point épidémiologique hebdomadaire rédigé par Santé publique France et fondé sur des données arrêtées mardi, les cas graves admis en réanimation sont rares chez les personnes âgées entre 15 et 44 ans, avec ou sans comorbidités. L'organisme prévient cependant que son rapport "n’a pas vocation à dénombrer tous les cas graves" de Covid-19 admis en réanimation.

La tranche des 15-44 ans, à laquelle appartenait Julie A., ne représente que 8% des cas graves admis en réanimation, selon ces derniers données détaillées de Santé publique France. Sur ces cas, un peu plus de la moitié présente des comorbidités, ce qui n'était pas le cas de l'adolescente. Le gros des cas graves se situe dans la tranche 65-74 ans (36% au 23 mars)

Par ailleurs, sur 507 décès certifiés au 24 mars en début d'après-midi, seuls 5 étaient recensés dans la tranche des 15-44 ans. Et tous présentaient des comorbidités. Les morts sont surtout à déplorer chez les personnes âgées de plus de 75 ans, la plupart présentant des antécédents médicaux.

Jules Pecnard