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Michel Polnareff hospitalisé: qu'est-ce qu'une embolie pulmonaire?

Hospitalisé depuis le 3 décembre, Michel Polnareff semble se remettre progressivement de son embolie pulmonaire bilatérale qui avait engagé son pronostic vital. Les causes de cette obstruction plus ou moins importante des vaisseaux pulmonaires sont variées, même si une phlébite est le principal facteur de risque.

Après plusieurs jours entre la vie et la mort, Michel Polnareff semble se remettre petit à petit de son embolie pulmonaire bilatérale, qui l'a conduit à être hospitalisé depuis le 3 décembre. Accueilli à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine "dans le cadre d'un syndrome infectieux traité depuis une semaine" selon son attaché de presse, l'interprète de Lettre à France s'est dit dans un "état d’épuisement total".

Victime d'une sinusite en début de semaine puis d'une bronchite, l'hospitalisation a permis de réaliser que cette infection respiratoire masquait en réalité une embolie pulmonaire. Si son pronostic vital n'est plus engagé, le chanteur de 73 ans devra faire avec une convalescence de plusieurs mois. D'autant que selon son médecin, le docteur Philippe Siou, interrogé par RTL:

"On ne peut pas dire qu'il est tiré d'affaire. On a gagné une bataille, on n'a pas gagné la guerre."

Michel Polnareff a bien repris le dessus, mais il est encore prématuré de parler d'une sortie d'hôpital. "On n'est pas à l'abri d'une surprise, ajoute-t-il. C'est son état qui va décider de sa sortie. On est passé d'une phase critique à une évolution favorable mais je ne sais pas comment cela va tourner, donc il faut se donner un petit peu de temps."

Un caillot dans les artères pulmonaires

Avec environ 100 000 cas par an en France, l'embolie pulmonaire est une pathologie fréquente, qui peut s'avérer mortelle: 10 000 à 20 000 décès par an selon la Fédération Française de Cardiologie. Celle-ci apparaît lorsqu’une artère pulmonaire ou l’une de ses branches est bouchée par un caillot de sang. Ce caillot qui s'est formé dans une veine et l'obstrue (phlébite) se détache de sa paroi et remonte avec le sang vers le cœur.

"Lors de ses contractions, le muscle cardiaque propulse le caillot dans les artères pulmonaires de plus en plus fines, où il finit par rester bloqué", précise l'Assurance maladie.

Le caillot provoque des dommages au niveau du poumon atteint (ou des poumons atteints d'où la précision "bilatérale") et la partie lésée ne peut plus fournir d’oxygène à l’organisme. La gravité de l’embolie pulmonaire dépend de l’importance de la partie du poumon obstruée et de l’état cardiaque ou respiratoire de la personne", ajoute-t-elle.

Les formes les plus graves peuvent être responsables d'une chute de tension sévère pouvant entraîner un état de choc. L'embolie pulmonaire constitue une complication de la maladie thromboembolique veineuse et représente la troisième maladie cardiovasculaire après les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et l'insuffisance coronarienne.

Une hospitalisation immédiate nécessaire

Cette obstruction d'une ou plusieurs branches de l'artère pulmonaire s'accompagne de difficultés à respirer, de douleurs thoraciques et d'une toux très irritante. D'autres symptômes peuvent également apparaître en fonction de la gravité de l'infection: une accélération du rythme cardiaque, un malaise, des extrémités bleues, ou plus rarement un arrêt du cœur.

"Ces symptômes varient d'une personne à l'autre et sont parfois difficilement évocateurs, car peu intenses ou peu spécifiques. La difficulté à respirer peut survenir progressivement et la douleur peut être modérée", souligne l'Assurance maladie.

Outre l'existence d'une phlébite, l'embolie pulmonaire peut être favorisée par une immobilisation prolongée (maladie, traumatisme, long voyage…) qui entraîne un ralentissement de la circulation, une intervention chirurgicale, certains traitements (chimiothérapie), certaines maladies (insuffisance cardiaque, cancer) ou encore le surpoids et l'obésité.

Enfin, "il existe des anomalies sanguines constitutionnelles ou acquises chez certaines personnes, qui prédisposent à la survenue de pathologies thrombo-emboliques veineuses", indique la Fédération Française de Cardiologie.

Différents examens sont nécessaires pour confirmer le diagnostic. Le médecin va particulièrement rechercher des signes de phlébite et peut demander des examens complémentaires: radiographie du thorax, électrocardiogramme et des examens d’imagerie (échographie, scanner thoracique).

Si l’embolie pulmonaire est confirmée, celle-ci nécessite un traitement en urgence et le plus souvent une hospitalisation. Sa prise en charge dépend de sa gravité et de l’état du patient, mais un traitement anticoagulant est mis en place pour limiter l’extension du caillot et prévenir le risque de récidive.
Alexandra Bresson