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Méningites soupçonnées à Nice: de quoi s'agit-il?

Le docteur Muhamed-Kheir Taha, responsable des unités des infections bactériennes à l'Institut Pasteur de Paris, le 25 février 2014

Le docteur Muhamed-Kheir Taha, responsable des unités des infections bactériennes à l'Institut Pasteur de Paris, le 25 février 2014 - -

Trois jeunes hommes âgés de 22 et 29 ans sont décédés ce week-end à Nice des suites d'une méningite à méningocoque foudroyante. Le docteur Muhamed-Kheir Taha, responsable des unités des infections bactériennes à l'Institut Pasteur de Paris, donne des précisions sur cette infection.

La mort de trois jeunes à Nice doit-elle faire craindre une épidémie de méningite? Les souches détectées à Nice sont-elles particulièrement virulentes? Pour le docteur Muhamed-Kheir Taha il pour l'instant impossible de se prononcer sur les cas niçois.

Le Centre national de référence des méningocoques de l'Institut Pasteur, dont il est le directeur, doit recevoir les souches extraites sur deux des trois personnes décédées à Nice afin de les analyser ces prochains jours. Toutefois, la méningite étant d'origine bactérienne, il précise que les différentes souches sont distinguées par leur couleur à laquelle une lettre correspond. Dans les cas décelés à Nice il s'agit de méningocoques B et C.

"Une infection présente dans la gorge"

"La méningite est une infection et la bactérie qui en est à l'origine est présente dans la gorge chez beaucoup de gens de façon asymptomatique, explique le Dr Taha. Certaines souches, chez certaines personnes peuvent traverser la gorge et passer dans le sang. C'est une première phase appelée 'phase de propagation'."

Les symptômes habituellement rencontrés sont similaires à ceux de la grippe: un accès brutal de fièvre et une grande fatigue. Ensuite, dans le sang les bactéries continuent à progresser et atteignent le cerveau les méninges: "c'est à ce moment-là que le patient a des vomissements, des vertiges, des raideurs de la nuque et est en proie à de la photophobie (sensibilité à la lumière)", poursuit le médecin.

Seuls 3% des 20-24 en France sont vaccinés contre la méningite

Pour ce responsable de l'unité d'infections bactériennes de l'Institut Pasteur, la principale population à surveiller reste les enfants puisque les deux-tiers des cas concernent ce public. Le docteur Taha rappelle que pour se protéger de cette infection, la vaccination existe.

"En France une vaccination contre le méningo-C est recommandée depuis 2010. Cela se fait en une seule dose entre 1 an et 24 ans et l'acte est remboursé". Il souligne toutefois le fait que le taux de couverture vaccinale chez les 20-24 ans approche seulement les 3% "ce qui est peu pour estimer une protection de la population suffisante."

Antonin Moriscot