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Le recours à de nombreux médicaments de ville et vaccins en forte baisse pendant le confinement

Les pharmaciens veulent vendre des masques "alternatifs"

Les pharmaciens veulent vendre des masques "alternatifs" - AFP

Seuls les hypnotiques et anxiolytiques ont connu un léger rebond à la fin de la période de quarantaine.

Le confinement a eu un fort impact sur la santé des Français. Fin mai dernier, alors que se terminait la première phase de déconfinement dans le pays, le Centre de Recherche Cardiovasculaire de Paris avait estimé que le nombre d’arrêts cardiaques en région parisienne a été multiplié par deux durant la quarantaine, par rapport à la même période les années précédentes.

Et les troubles cardio-vasculaires ne sont pas les seuls concernés. Ce vendredi, le groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-PHARE, constitué par l’Ansm (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) et l'Assurance maladie, a publié les résultats d'une étude de pharmaco-épidémiologie portant sur la dispensation sur ordonnance en pharmacie de médicaments remboursés pendant les 8 semaines de confinement et la première semaine post-confinement.

Des dizaines de milliers de patients moins suivis 

Les résultats sont éloquents, et selon les premières constatations, la consommation de médicaments de ville en France a été profondément modifiée. De fait, une forte baisse de l’instauration de traitements pour de nouveaux patients pendant le confinement a été notée.

Dans le détail, ce sont les antihypertenseurs (-39%), les antidiabétiques (-48,5%) et les statines (-49%) qui sont les traitements qui ont connu la plus lourde chute. Respectivement, cela correspond à 100.000 patients hypertendus, 37.500 diabétiques et 70.000 personnes relevant d’un traitement par statines (utilisés pour faire baisser le taux de cholestérol, ndlr) qui ne sont plus traités. 

Les vaccins également concernés 

Outre les médicaments, d'autres facettes de la médecine ont été touchées par le confinement. Ainsi, l'étude souligne une baisse des recours aux vaccins. Selon les travaux, les chiffres pourraient aller de -6% pour les vaccins penta/hexavalents des nourrissons, jusqu'à -48% pour les vaccins antitétaniques la dernière semaine du confinement. Cette diminution étant encore observée la semaine post-confinement.

Les données concernant les produits destinés aux actes diagnostiques médicaux ont également été diffusées. Ainsi, une baisse de 62% en ce qui concerne les produits préparatoires aux coloscopies, de 38% pour les scanners, et de 44% pour les IRM a été notée. L'étude rappelle que ces retards d'examens pourraient entraîner des délais plus longs en ce qui concerne les prises en charge des malades. 

Quelques médicaments plutôt en hausse

En revanche, certains traitements ont connu le chemin inverse. Les hypnotiques (+6,9% la première semaine post-confinement), ainsi que les anxiolytiques (+1,2% la première semaine post-confinement), sont en effet en hausse, conclut l'enquête, qui rappelle que "le confinement et ses conséquences sociales, professionnelles et économiques ont pu engendrer des troubles du sommeil et de l’anxiété" et précise que les antidépresseurs n’étaient pas concernés par cette hausse à l’issue immédiate de la période de confinement.

Hugo Septier