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L'OMS alerte sur une possible hausse de la "super-gonorrhée" à cause de la pandémie de Covid-19

Des préservatifs (Photo d'illustration).

Des préservatifs (Photo d'illustration). - BERTRAND GUAY

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'inquiète de la résistance toujours plus grande de la "super-gonorrhée" aux antibiotiques, et redoute une hausse importante du nombre de cas en raison de la pandémie de Covid-19.

Le nombre de cas de "super-gonorrhée", une infection sexuellement transmissible (IST), se multiplient dans le monde en raison de la crise du Covid-19, a mis en garde l'Organisation mondiale de la Santé, relayée par le journal britanniqueThe Sun. Cette infection, également appelée "chaude-pisse", "gonococcie" ou "blennorragie", touche en majorité les patients de moins de 30 ans, en particulier les hommes.

Cela fait maintenant plusieurs années que les médecins de l'OMS s'inquiètent de la résistance croissante de la gonorrhée aux antibiotiques. Plus de 90 millions de cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde, un chiffre qui était en hausse de 17% entre 2016 et 2017.

Résistance aux antibiotiques

Et ce phénomène n'a fait que s'aggraver avec la pandémie de Covid-19, comme le précisait fin décembre un porte-parole de l'OMS à la publication britannique. Selon lui, un nombre important de cas de gonorrhée ont été diagnostiqués à l'hôpital depuis le printemps 2020. L'OMS redoute ainsi une aggravation de la situation.

Ce porte-parole note que "l’usage excessif des antibiotiques peut favoriser l'émergence d'une résistance de la gonorrhée" aux traitements. Or de nombreux antibiotiques ont été prescrits ces derniers mois pour traiter le coronavirus. En juin 2020, l'OMS alertait d'ailleurs sur les risques d'une surconsommation d'antibiotiques pendant la pandémie.

"La pandémie de Covid-19 a conduit à une augmentation de l'usage d'antibiotiques, ce qui conduira à terme à une plus haute résistance antibiotique, qui aura un impact sur le traitement des maladies et le nombre de morts, pendant la pandémie et au-delà", avait alors mis en garde le directeur général de l'agence onusienne Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Moins de diagnostics en raison du Covid-19

Auprès du tabloïd britannique, le porte-parole de l'OMS pointe du doigt "l'Azithromycine", un antibiotique fréquemment prescrit pour traiter les infections respiratoires. Celui-ci a fréquemment été "utilisé (inutilement) au début de la pandémie pour traiter le Covid-19", rapporte The Sun, précisant que son nombre de prescriptions avait augmenté de 217% dans le monde entre mars et juin dernier.

Selon l'OMS, ce phénomène engendre une mutation "à haut niveau", "super résistante" de la bactérie, c'est-à-dire que celle-ci s'adapte constamment afin de résister toujours d'avantage aux traitements antiobitiques.

"Une telle situation peut favoriser l'émergence d'une résistance de la gonorrhée, y compris la gonorrhée-superbug (super-gonorrhée)", met donc en garde ce porte-parole de l'Organisation mondiale de la Santé, précisant que "les souches résistantes de la gonorrhée" constituent "un défi majeur dans la prévention et le contrôle des infections sexuellement transmissibles."

Il souligne également que les services de dépistage des IST ont été perturbés par la pandémie: un grand nombre de cas n'ont ainsi pas pu être diagnostiqués correctement et un certain nombre de personnes ont été contraintes de "s'auto-diagnostiquer".

Pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles telles que la gonococcie, Santé Publique France rappelle sur son site que le préservatif est le moyen le plus efficace de se protéger lors d'un rapport sexuel.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV