BFMTV

L'hôpital lui présente une facture de... 100.000 euros !

-

- - -

Un habitant de Meurthe-et-Moselle se voit réclamer près de 100.000 euros par le CHU de Nancy pour régler le séjour à l'hôpital de sa mère, tombée dans le coma à la suite d'une erreur médicale d'un médecin de l'hôpital.

Denis Stoeckel n'en revient toujours pas. Cet homme d'une cinquantaine d'années va devoir payer 98.462,41 euros que lui réclame le CHU de Nancy pour l'hospitalisation de sa mère, décédée depuis.

En 2002, la patiente de 72 ans, venue pour une opération bénigne (hydrocéphalie), plonge dans un état végétatif à la suite d'un surdosage d'anticoagulants administrés par le médecin anesthésiste. Le CHU n'avait pas d'emblée reconnu l'erreur médicale avant d'être condamné en 2008 par le tribunal correctionnel. La retraitée est restée 7 ans dans le coma, alimentée par une sonde, avant de succomber en janvier 2009. Mais il y a quelques semaines, Denis Stoeckel reçoit, stupéfait, la note de l'administration qui lui réclame près de 100.000 euros, à raison de 50 euros par jour d'hospitalisation.

Un « acharnement »

Une surprise d'autant plus grande que, durant ces longs mois de prise en charge, aucun frais ne lui a jamais été réclamé. Pour son avocate, Me Elyane Polèse-Person, il s'agit d'une situation catastrophique: « mon client gagne à peine plus que le SMIC. Il n'est pas en mesure de régler ce montant. Il s'agit ni plus ni moins que d'un acharnement. Cet homme est littéralement broyé par l'administration ».

« Saisir le tribunal pour suspendre cette procédure normale »

Contacté par la rédaction d'RMC, le directeur général du CHU de Nancy dit comprendre « à 100% » la surprise de Denis Stoeckel. Mais pas question pour autant de renoncer à la facture. Il explique: « cette procédure est normale, c'est simplement le coût de la prise en charge hospitalière. C'est de l'argent public et je n'ai pas le droit de faire cadeau à qui que ce soit d'argent public. Je conseille à ce monsieur de saisir le tribunal administratif, pour qu’il me demande de suspendre la procédure ».

Rédaction d'RMC avec C. Bordet