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L'EFSA blanchit l'aspartame

Des sachets d'aspartame

Des sachets d'aspartame - -

Ce verdict de sûreté - "sans risque pour la santé aux niveaux actuels" - qui confirme pour l'essentiel un premier avis provisoire de l'ESFA, a conforté l'industrie agroalimentaire que certains soupçonnent d'exercer des pressions.

Ce verdict était très attendu par l'industrie agroalimentaire. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu mardi que la consommation d'aspartame, un additif controversé sucrant boissons et aliments, était sans risque au niveau aujourd'hui autorisé en Europe.

"L'aspartame et ses produits de dégradation sont sûrs pour la consommation humaine aux niveaux actuels d'exposition", a affirmé l'EFSA dans un communiqué rendant compte des conclusions d'une "première évaluation complète des risques associés à cet édulcorant de synthèse".

L'Autorité reconnaît toutefois que la phénylalanine, un des composants de l'additif, constitue un risque pour les personnes souffrant de phénylcétonurie, une maladie héréditaire du métabolisme, peu courante et diagnostiquée dès la naissance en Europe.

Ces personnes doivent s'abstenir d'en consommer, dans le cadre d'un régime alimentaire strict.

Quel est le bon dosage?

"Pour la population générale, la dose journalière acceptable (DJA) actuelle de 40 mg par kg de poids corporel par jour constitue une protection adéquate", relève l'EFSA. "Il n'y a donc pas lieu de revoir cette DJA" juge-t-elle.

Un garçon de 20 kg peut boire un litre et demi de soda édulcoré par jour en restant sous ce seuil, a indiqué lors d'une conférence de presse un des vice-présidents du comité d'experts, Claude Lambré.

Par contre, "consommer journellement six canettes et dix yaourts" sucrés à l'aspartame "ne rentre pas dans le cadre d'un régime raisonnable", a-t-il souligné.

Soupçons de pression des industries

Ce verdict de sûreté, qui confirme pour l'essentiel un premier avis provisoire de l'ESFA, a conforté l'industrie agroalimentaire, confrontée depuis des années à une méfiance des consommateurs et des scientifiques pour son recours à cet additif alimentaire dans les sodas, desserts, chewing-gums et produits de régime.

L'Association Internationale pour les Edulcorants (ISA), qui représente le secteur et notamment le géant américain Coca-Cola, a "salué une décision qui vient corroborer les conclusions de plus de 600 travaux scientifiques sur 40 ans".

"L'EFSA n'a pas su édulcorer son avis sur l'aspartame", a pour sa part ironisé dans un tweet l'eurodéputée et ex-ministre française de l'Environnement Corinne Lepage. Elle avait dénoncé le premier avis provisoire de l'EFSA comme un "copié-collé des études des fabricants".

l'@EFSA_EU n'a pas su édulcorer son avis l'#aspartame on va attendre le retour des chercheurs danois et italiens http://t.co/86siAyiQxk FD
— Corinne Lepage (@corinnelepage) 10 Décembre 2013

Régulièrement soupçonnée de céder aux pressions de l'industrie, l'EFSA avait lancé en janvier 2013 une consultation publique pour "améliorer" et finaliser ses premières conclusions provisoires.

Les conclusions de ce rapport doivent désormais être évaluées par la Commission européenne, et par les Etats membres.