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Indre: malgré la mobilisation, la maternité du Blanc va définitivement fermer

Selon FO santé, la fermeture de la maternité est programmée pour février 2019. Photo d'illustration.

Selon FO santé, la fermeture de la maternité est programmée pour février 2019. Photo d'illustration. - AFP

L'hôpital de Châteauroux a bel et bien voté pour la fermeture définitive de la maternité du Blanc dans l'Inde.

Malgré la mobilisation des élus et des habitants, la maternité du Blanc dans l'Indre, qu'Agnès Buzyn avait qualifiée de "dangereuse", va fermer ses portes définitivement dans les prochains jours, a confirmé vendredi l'Agence régionale de santé après le feu vert de l'hôpital de Châteauroux après un vote à dix voix pour, quatre contre.

"Cette décision intervient dix jours après le vote du directoire de l'hôpital, qui s'est prononcé pour l'évolution vers un centre de périnatalité et au lendemain du vote du comité d'établissement, qui s'est traduit par 5 voix contre, 5 voix pour et un nul", a précisé l'Agence Régionale de Santé.

"Une seule maternité pour 224.000 habitants"

Les accouchements au Blanc, commune de 6.500 habitants, avaient été suspendus en juin et jusqu'à fin octobre pour cause du "manque de personnel". Les femmes devant accoucher avaient été dirigées vers Châteauroux, Poitiers et Châtellerault, à plus d'une heure de route.

Début octobre, un rapport d'expertise commandé par l'Agence régionale avait pointé "des pratiques collectives non conformes" et préconisé l'ouverture d'un centre de périnatalité, sans accouchements. La semaine dernière, trois gynécologues-obstétriciens avaient cependant présenté un projet de relance des accouchements. 

"On est assommés par la confirmation de cette décision mais nous restons combatifs", a indiqué Jean-Michel Mols, président du comité historique de défense de la maternité. "Nous n'avons qu'une seule maternité dans l'Indre pour 224.000 habitants, contre quatre dans le Cher pour 308.000 habitants", a-t-il par rappelé. 

"Un vrai déménagement du territoire"

Le feu vert de l'hôpital a attisé vendredi la colère des élus locaux, dont une vingtaine avaient remis leur démission au préfet la semaine dernière, et des défenseurs de la maternité. Dans l'après-midi, une quarantaine de membres du collectif "C pas demain la veille", composé d'habitants, ont investi les locaux de l'ARS à Orléans, arborant des tenues faisant référence à la série "La servante écarlate" et gardant le silence. 

Mardi, Agnès Buzyn avait estimé que cette maternité était "dangereuse", invoquant les "très mauvaises pratiques" mises au jour dans un "audit", au-delà d'un manque d'obstétriciens qui avait justifié sa fermeture provisoire. Les propos de la ministre de la Santé sont "d'une violence extrême. C'est du harcèlement moral. Elle a fait énormément de mal aux personnels dévoués, attentifs, compétents", a déclaré Annick Gombert, maire socialiste du Blanc.

"J'en appelle maintenant au Président Macron. Nous demandons un rendez-vous", a dit Annick Gombert, qui dénonce un "vrai déménagement du territoire".
Jeanne Bulant avec AFP