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Il n'y avait "aucun départ d'épidémie": Buzyn justifie son départ du ministère en pleine crise du coronavirus

Invitée de BFMTV et RMC, la candidate macroniste à la mairie de Paris est revenue sur les circonstances qui l'ont amenée à quitter son poste au ministère de la Santé, ainsi que sur les propos troublants qu'elle a tenus dans la presse à l'issue du premier tour.

Elle n'avait "aucune certitude", hormis une seule: Agnès Buzyn savait qu'il n'y avait eu "aucun départ d'épidémie" lorsqu'elle a quitté le ministère de la Santé. C'est l'une des épineuses questions que la cardiologue, revenue dans la bataille des élections municipales à Paris, a dû aborder ce mercredi matin sur BFMTV et RMC. À savoir, comment elle a pu décider de quitter son poste alors même que démarrait une crise sanitaire sans précédent. 

"Quand je suis partie, il y avait 44 cas (testés positifs à la maladie Covid-19, NDLR) en Europe, 12 cas en France. (...) Il n'y avait pas d'épidémie en Europe; il y avait des touristes ou des voyageurs qui étaient revenus de la région de Wuhan, qui étaient malades, que nous avions détectés sur le territoire, nous avions tracé les contacts, (...) nous les avions mis en quarantaine", se défend Agnès Buzyn. 

"Aucune certitude"

Par conséquent, estime-t-elle, "il n'y avait aucun départ d'épidémie" au moment de son départ mi-février, dans le but de remplacer au pied levé Benjamin Griveaux pour les municipales à Paris.

"Je ne savais pas si elle arriverait, quand elle arriverait, quelle serait son ampleur, quelle serait sa gravité", a ajouté Agnès Buzyn au sujet de l'épidémie. 

Pour le reste, l'ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, qui n'a pas manqué de saluer son successeur Olivier Véran, ne regrette pas sa décision. Quand bien même elle dit n'avoir eu "aucune certitude" sur la manière d'aborder la crise du coronavirus. Malgré ses "perceptions" sur la potentielle dangerosité de la maladie, elle a choisi de faire campagne dans la capitale.

"Je veux replacer mon départ du ministère dans le contexte de l'époque. (...) J'ai pris la décision de m'engager pour une campagne municipale, parce que j'ai longtemps souhaité demander ce mandat de maire pour ma ville. C'était une préoccupation que j'avais déjà exprimée au moment où s'était posée la question de ma candidature aux européennes. (...) C'était un engagement ancien", assure-t-elle.

"L'État était préparé"

Par ailleurs, selon Agnès Buzyn, "l'État était préparé" à affronter la crise. Elle dit vouloir s'en expliquer devant les commissions d'enquête parlementaires qui se mettent d'ailleurs en place cette semaine. 

"Olivier Véran est un excellent ministre de la Santé. Il connaît par cœur ce ministère. (...) Je n'avais aucune inquiétude", insiste-t-elle. 

La macroniste regrette une chose, c'est d'avoir "répondu au téléphone à Ariane Chemin" au lendemain du premier tour du 15 mars. Une référence, donc, à la journaliste du Monde auprès de laquelle Agnès Buzyn a qualifié le scrutin de "mascarade" en raison des risques sanitaires qui le menaçaient. Des propos explosifs qui pèsent encore, plus de deux mois après, sur les épaules de la candidate. 

Jules Pecnard