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Faut-il systématiquement faire baisser la fièvre des enfants?

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En pleine période d’états grippaux et autres maladies, la fièvre chez l’enfant constitue une source d’inquiétude pour les parents. Faire baisser la température du corps humain devient alors un automatisme. Un mauvais réflexe comme l’expliquent deux pédiatres.

Elle est l’un des premiers motifs de consultation des enfants. La fièvre, cette réaction de l’organisme face à une infection ou à une inflammation, traduit pourtant un mécanisme de défense de notre corps. On parle de fièvre lorsque la température corporelle dépasse les 38°C en lors d’une prise rectale. Face à cette température inhabituelle du corps humain, le premier réflexe des parents est alors de la faire diminuer.. 

Une erreur selon la pédiatre et ancienne présidente de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (Afpa) Catherine Salinier: "C’est le premier moyen de défense naturelle de l’organisme contre l’agression virale. Si on la fait tomber on prive l’organisme de son propre moyen de défense". 

"Le rôle de la fièvre est de limiter la multiplication des virus"

Une position que partage également le Dr. François Corrard qui précise les raisons poussant les parents à vouloir systématiquement faire baisser la fièvre de leur enfant.

"La première est historique. Nous mêmes en tant que médecin nous avons été extrêmement inquiets sur la fièvre et sur les problèmes reliés à celle-ci. Depuis la connaissance a éliminé cette défiance, ce discours négatif que nous avions sur la fièvre. L’autre raison est que lorsque son enfant est fébrile, il est donc porteur d’une certaine pathologie qui peut être inquiétante pour les parents".

La fièvre joue donc un rôle important, et non des moindres, celui de "limiter la multiplication des virus" explique le pédiatre. Une fonction freinée en cas de consommation d’antipyrétiques (médicaments destinés à lutter contre les état fiévreux) qui certes agissent sur l’inconfort de l’enfant mais qui "diminuent un peu la fabrication d’anticorps", ajoute le Dr François Corrard.

"C’est une alliée et non une ennemie"

Dans la très grande majorité des cas, la fièvre chez l’enfant ne constitue donc pas un danger, au contraire même pour le Dr François Corrard: "elle est porteuse d’un signal, c’est pour cela qu’elle met en branle les parents et les médecins et à ce titre là c’est pour cela que c’est une alliée et non une ennemie. Ce n’est pas la fièvre qui est un symptôme mais la maladie qui est importante".

"C’est pas tant la température du corps de l’enfant qui va nous inquiéter mais son comportement", soutient également le Dr Catherine Salinier, "si on a un enfant qui va avoir 38,7°C et qui est fatigué, geignard, dans son coin et ne bouge pas, on va s’inquiéter".

En revanche, "si l’enfant sourit, joue, mange, a donc un comportement habituel, qu’il a plus de trois mois et n’a pas non plus 41°C de température, les parents peuvent attendre chez eux tout en surveillant la fièvre", recommande le Dr François Corrard, "la fièvre est à respecter, ce qui ne l’est pas c’est l’inconfort de l’enfant. Ce n’est pas à partir de la fièvre qu’il faut consulter mais lorsque l’enfant qui a de la fièvre est mal et a un comportement différent".

Reste que pour les parents de nouveaux-nés et des jeunes nourrissons de moins de trois mois, une consultation est nécessaire en cas de fièvre persistante au delà de 38°C.

Hugues Garnier