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Famille Spanghero : "Nous sommes atterrés par ce qui se passe"

Les frères Laurent et Walter Spanghero, à Castelnaudary, dans l'Aude, le jeudi 14 février.

Les frères Laurent et Walter Spanghero, à Castelnaudary, dans l'Aude, le jeudi 14 février. - -

Walter et Laurent Spanghero, anciens propriétaires du groupe alimentaire aujourd'hui montré du doigt dans le scandale de la viande de cheval, se sont dits "atterrés" et "traumatisés" par la situation, au micro de BFMTV, ce jeudi.

"C'est un traumatisme", résume Walter Spanghero. L'ancien propriétaire du groupe alimentaire éponyme, et son frère Laurent, se disent "attérrés" par le scandale de la viande de cheval, qui éclabousse l'ancienne société familiale. Car c'est bien l'entreprise Spanghero qui est aujourd'hui montrée du doigt.

"Spanghero savait"

L'accusation est venue de Benoît Hamon. Jeudi après-midi, le ministre délégué à la Consommation a indiqué, lors d'un point presse révélant les résultats de l'enquête menée par la DGCCRF, que "Spanghero savait qu'il étiquetait de la viande de cheval sous l'étiquette de viande de boeuf" avant de les revendre à la société Comigel, qui fabrique les plats.

"Le premier acteur de cette filière à estampiller la viande en tant que 'boeuf' était Spanghero", a insisté le ministre, précisant que l'industriel sera poursuivi.

Dans la foulée, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll a annoncé la "suspension immédiate" de l'agrément sanitaire de la société Spanghero.

Le "désespoir" des frères Spanghero

Du côté de Castelnaudary, dans l'Aude, où siège l'entreprise, les frères Walter et Laurent Spanghero se disent "désespérés". Bien que la société ne leur appartient plus depuis 2009, ils estiment que leur nom a été sali.

"Nous sommes affectés", explique Laurent Spanghero. "Ca fait cinquante ans que nous sommes ici, nous travaillons encore et nous somme atterrés par ce qui se passe, dont nous ne sommes pas responsables. Comment voulez-vous ne pas être atterré ? Qu'est-ce qu'on va dire quand nos enfants, nos petits-enfants vont passer dans la rue ? On va dire 'c'est un Spanghero'", se désole-t-il, visiblement très ému.

"On vit des moments difficiles", poursuit son frère, Walter. "Je pense beaucoup aux personnes qui sont encore dans l'entreprise et qui vont au devant des problèmes parce qu'aujourd'hui, la vie est difficile. Je ne souhaite qu'une chose : qu'ils aient des lendemains heureux. Pour le reste, la justice fera son chemin et on verra bien", lance-t-il, avant d'évoquer un "traumatisme".

A.S.