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Enquête sur la gestion ministérielle du Covid-19: des auditions prévues en septembre

La Cour de justice de la République (PHOTO D'ILLUSTRATION).

La Cour de justice de la République (PHOTO D'ILLUSTRATION). - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Des auditions par la Cour de justice de la République sont attendues en septembre sur la gestion de crise sanitaire par Edouard Philippe, Olivier Véran et Agnès Buzyn.

Des auditions sont prévues en septembre dans le cadre de l'information judiciaire de la Cour de justice de la République (CJR) visant Edouard Philippe, Olivier Véran et Agnès Buzyn et portant sur la gestion ministérielle de la crise du Covid-19 en France, a-t-on appris ce jeudi de source proche du dossier.

Plusieurs plaignants ont reçu des convocations pour être entendus comme témoins en septembre, selon cette source qui confirme une information de l'Obs.

Neuf plaintes recevables

Une information judiciaire a été ouverte le 7 juillet pour abstention de combattre un sinistre et confiée à la commission d'instruction de la CJR, qui agit comme un juge d'instruction et mène les investigations. Neuf plaintes, parmi les 90 reçues par la CJR, seule instance habilitée à juger les membres du gouvernement pour l'exercice de leur fonction, avaient été jugées recevables et jointes pour cette procédure. Ces neuf plaintes ont été déposées par des médecins représentant le collectif C19, récemment créé par des familles de particuliers victimes, mais aussi par le syndicat CGT-Pénitentiaire ou le syndicat Vigi du ministère de l'Intérieur.

Dans son avis, la commission des requêtes de la CJR a estimé "nécessaire qu'une enquête approfondie soit menée pour apprécier le bien-fondé des plaintes, leur base factuelle et l'élément moral du délit".

Un flot de critiques envers l'éxécutif

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus qui a fait plus de 30.000 morts en France, l'exécutif fait face à un flot de critiques, notamment sur la pénurie de masques, et a été visé par de nombreuses plaintes pour mise en danger de la vie d'autrui ou homicide involontaire.

Seul le chef d'abstention de combattre un sinistre a pour l'heure été retenu pour les investigations menées par la CJR.

"L'appréciation rigoureuse des faits par la Cour de justice de la République donne espoir à mes clients de voir condamner les membres du gouvernement qui ont commis des fautes pénales dans la gestion de la crise", a réagi Me Yassine Bouzrou, à l'origine de plusieurs des neuf plaintes retenues.

"Le 31 mars, mes clients avaient été qualifiés d'irresponsables par le président de la République car ils avaient osé intenter une action en justice, ils sont désormais heureux de constater que la Cour de justice de la République semble considérer que cette action était légitime et que ce sont les propos du président qui étaient irresponsables et inutilement blessants", a-t-il ajouté.

B.F. avec AFP