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Des médecins alertent sur le déremboursement de médicaments contre Alzheimer

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Sébastien Bozon-AFP

Ils tirent la sonnette d'alarme. Quelque 194 médecins dénoncent la décision de la ministre de la Santé de ne plus rembourser certains médicaments contre les maladies d'Alzheimer et de Parkinson.

Ils dénoncent le déremboursement de médicaments contre la maladie d'Alzheimer. Quelque 194 neurologues, gériatres et psychiatres, ainsi que sept associations de patients, signent une lettre ouverte adressée à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé.

"Cette décision dessert la prise en soins actuelle et future"

Ils y expriment leur "désarroi" après la décision du gouvernement de ne plus rembourser certains médicaments contre des maladies neuro-dégénératives, dont Alzheimer et Parkinson.

"Nous vous demandons de revenir sur cette décision qui dessert la prise en soins actuelle et future des malades en étant susceptible d'altérer la confiance que portent les patients, leurs familles et les professionnels dans les processus de décision en matière de santé."

Publiée sur le site du Figaro, cette tribune fait part de la "colère" de ces professionnels de santé face à une "décision qui remet en cause des années de travail et d'implication dans la prise en soin de ces maladies graves". À partir du 1er août, les quatre médicaments anti-Alzheimer aujourd'hui remboursés par la Sécurité sociale ne le seront plus, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués.

Une efficacité "démontrée"

Une inefficacité contestée par les signataires de la tribune. "Notre communauté a toujours eu conscience d'une efficacité limitée, quoique significative, de ces médicaments (...) Il faut rappeler toutefois que cette efficacité, comme pour toute molécule mise récemment sur le marché, a été démontrée par des études rigoureuses qui ont été validées selon les règles scientifiques en vigueur par les agences régulatrices", assurent-ils. Selon eux, rien ne prouve leur dangerosité.

"Affirmer que des médicaments prescrits depuis vingt ans à bon escient à des centaines de milliers de personnes malades sont dangereux devrait être fondé sur des preuves. Or, ni la littérature scientifique, ni les signaux de pharmacovigilance (tant nationaux qu'européens) n'apportent de preuve convergente de cette hypothétique dangerosité."

Ils considèrent que si ces médicaments étaient véritablement "nocifs et dangereux", la ministre de la Santé ne devrait pas se contenter de ne plus les rembourser mais de les retirer du marché. Et regrettent qu'Agnès Buzyn ne suscite ainsi des inquiétudes auprès des patients.

Cette mesure "ne fait pas honneur à notre pays"

Ces médecins regrettent par ailleurs qu'ils n'existent pas d'autres médicaments pour les remplacer. Et selon eux, cette décision de déremboursement va "alourdir" le montant total des dépenses de santé.

"Le retrait de traitements qui contribuaient à minimiser ou retarder ces dépenses aura donc un impact négatif. Sans compter la charge supplémentaire du coût des traitements pour ceux qui décideraient, malgré le déremboursement, de les poursuivre."

Ils concluent: "Le maintien d'une mesure qui ne respecte ni les enjeux de santé, ni la solidarité parmi nos citoyens, ne fait pas honneur à notre pays."

Céline Hussonnois-Alaya