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Maladie d'Alzheimer: un traitement expérimental prometteur

La majorité des molécules thérapeutique contre la maladie d'Alzheimer vise à bloquer l’accumulation des peptides amyloïdes.

La majorité des molécules thérapeutique contre la maladie d'Alzheimer vise à bloquer l’accumulation des peptides amyloïdes. - iStock - poba

Le laboratoire Merck développe un traitement contre la maladie d'Alzheimer, une molécule qui réduit la présence de la protéine bêta amyloïde dans le cerveau. Ce dernier offre l'avantage de ne pas présenter de toxicité pour les patients, même si des essais cliniques de phase III doivent encore s'en assurer.

Si de nombreux travaux sur la maladie d'Alzheimer ont permis de savoir quelles sont les causes cliniques de la maladie, aucune recherche scientifique n'a permis d'élaborer un traitement véritablement efficace pour ralentir voire arrêter la progression de cette lente dégénérescence des neurones.

Plusieurs molécules thérapeutiques sont en cours de développement, mais celle développée actuellement par le laboratoire américain Merck est particulièrement porteuse d'espoir car celle-ci a fait l'objet d'un essai clinique aux résultats encourageants. L’étude du cerveau des patients montre l’existence de deux types de lésions qui signent avec certitude le diagnostic de maladie d’Alzheimer: les plaques amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires.

 "Ces deux types de lésions sont chacune associée à un composé protéique, lui-même associé à la survenue et la progression de la maladie: le peptide bêta amyloïde pour les plaques amyloïdes, et la protéine tau phosphorylée pour les dégénérescences neurofibrillaires", explique l'Inserm à ce sujet. 

Cette molécule du nom de verubecestat agit en inhibant l’action de l'enzyme BACE1, impliquée dans la production de la peptide bêta amyloïde qui, en s'accumulant dans le cerveau, forme les plaques amyloïdes.

Jusqu'à 80% de peptide bêta amyloïde en moins

La piste de médicaments inhibiteurs de BACE1 apparaît "comme une approche prometteuse pour débarrasser le cerveau de l'accumulation de ce peptide bêta amyloïde, souligne l'American Association for the Advancement of Sciences. Cependant, cette recherche reste un défi en raison d'une toxicité qui peut conduire à des dommages au foie et à une neurodégénérescence supplémentaire".

Les chercheurs ont d'abord voulu savoir si cette molécule puissante était bien tolérée chez des animaux. Leur premier test a consisté à en injecter une forte dose à des rats et des singes, et celle-ci a permis de réduire nettement le taux de peptide bêta amyloïde dans leur sang et leur liquide céphalo-rachidien, sans que ces derniers ne montrent aucun signe de toxicité.

Lors d'un essai de phase 1 d'une semaine chez des patients atteints de maladie d'Alzheimer à un stade léger ou modéré, le verubecestat a abaissé les taux de ce peptide jusqu'à 80% sans effets secondaires graves. Ces résultats prometteurs ont permis au laboratoire Merck de lancer deux essais cliniques de phase III actuellement en cours, et dont les résultats ne seront pas dévoilés avant fin 2017.

Le premier, nommé "Epoch", consiste à évaluer l'efficacité et la tolérance de deux doses de verubecestat (12 mg et 40 mg) administrées une fois par jour pendant 78 semaines contre un placebo chez des malades d'Alzheimer à un stade léger à modéré. Le second, intitulé "Apecs", suit ce même objectif mais concerne des patients atteints de maladie d'Alzheimer à une phase plus précoce.

Alexandra Bresson