BFMTV

Des élus s'indignent après une dérogation spéciale pour accueillir 9.000 personnes au Puy du Fou

Le Puy du Fou, en Vendée, va pouvoir accueillir jusqu'à 9.000 personnes ce samedi soir grâce à une dérogation spéciale du préfet, malgré l'interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes.

Ce samedi soir, le Puy du Fou pourra accueillir jusqu'à 9000 personnes. Alors que la mesure interdisant tous les rassemblements de plus de 5 000 personnes vient d'être prolongée par le Premier ministre Jean Castex, le préfet de Vendée vient d'accorder une dérogation inattendue au parc à thème.

Trois tribunes de 3.000 places chacune seront donc ouvertes au public, au sein desquelles le port du masque sera obligatoire et du gel hydroalcoolique à disposition de tous les spectateurs.

Interdiction des rassemblements de plus de 5000 personnes

Le ministère de la Culture avait pourtant indiqué au début du mois que les rassemblements culturels de plus de 5.000 personnes pourront se tenir dès le 15 août, en respectant certaines conditions sanitaires, dont la distanciation d'un siège et le port du masque.

Une annonce mise à mal en début de semaine par le Premier ministre Jean Castex, qui a annoncé que l'interdiction des événements de plus de 5000 personnes était prolongée jusqu'au 30 octobre en raison de la dégradation de la situation épidémique en France.

Si le parc à thème assure que sa "priorité est la santé des gens" et qu'il s'agit d'une décision "raisonnable et adaptée", l'incompréhension règne chez les élus, alors que les mesures strictes se multiplient dans de nombreuses villes pour enrayer la propagation du virus.

Une décision "irresponsable"

Sur l'antenne de BFMTV ce samedi matin, l'eurodéputée Place Publique Aurore Lalucq fustige cette décision, qualifiée comme un "non-sens absolu", "totalement irresponsable".

"Ce n'est pas rassurant car il s'agit d'un proche du Président de la République et qu'on a vraiment l'impression qu'il s'agit d'un passe-droit", a-t-elle estimé.

"C'est incompréhensible du point de vue sanitaire et sur le plan politique, je trouve que c'est un message détestable [d'autoriser ce genre d'événements alors que la situation sanitaire s'aggrave, NDLR], a-t-elle ajouté.

Sur Twitter, les réactions d'élus se multiplient. Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste a fait part de sa "grande confusion", vis-à-vis de la dérogation.

Une "dérogation pour les amis du Président"

Quant à lui, Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie - Les Verts, fustige "les dérogations pour les amis du Président".

Un sentiment de "passe-droit" partagée par David Belliard, maire adjoint à Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports et des mobilités. "Notre santé vaut bien plus qu'un passe droit pour l'ami du président", a-til tweeté.

"Soutien à la fillière de la culture et du tourisme"

De son côté, Rachid Temal, sénateur PS du Val-d'Oise, adresse sa "pensée" et son "soutien" "à toute la filière culture et tourisme qui n'a pas le droit à ce type de dérogation.

En juillet dernier, le Puy du Fou avait déjà suscité la polémique en accueillant 12 000 personnes pour un même spectacle. Le parc avait alors été rappelé à l'ordre par le préfet et la jauge du nombre de spectateurs était repassée sous la barre des 5000.

Fanny Rocher