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Covid-19: vacciner les ados, "un impératif arithmétique" pour le Pr Fischer

Le professeur Alain Fischer lors d'une conférence de presse gouvernementale en février 2021.

Le professeur Alain Fischer lors d'une conférence de presse gouvernementale en février 2021. - STEPHANE DE SAKUTIN

Le gouvernement a annoncé le 2 juin que les jeunes de 12 à 18 ans pourraient se faire vacciner à partir du 15 juin.

La vaccination des mineurs de plus de 12 ans, qui doit débuter mardi, est un "impératif arithmétique" pour se rapprocher de l'immunité de groupe contre le Covid-19, a assuré le Pr Alain Fischer, "Monsieur vaccin" du gouvernement, dans une interview au Journal du Dimanche.

"L'idée de vacciner les ados à la place des adultes réticents est éthiquement inacceptable" mais "l'ouverture mardi aux ados se justifie" car "c'est un impératif arithmétique: pour parvenir à l'immunité de groupe, il faut vacciner 90% des 12 à 100 ans ; si bien qu'elle restera hors d'atteinte même en vaccinant la quasi-totalité des adultes", avance-t-il.

Le gouvernement a annoncé le 2 juin que les jeunes de 12 à 18 ans pourraient se faire vacciner à partir du 15 juin.

Au-delà de l'impératif "arithmétique", le Pr Fischer évoque aussi pour les ados - qui ont un risque sanitaire minime face au Covid - un "bénéfice individuel au sens social et psychologique" car "ils paient un trop lourd tribut à la pandémie" avec des décrochages scolaires et des impacts psychologiques très lourds pour les jeunes privés de collège ou de lycée.

"Réduire le risque de fermeture d'établissements à la rentrée"

"La vaccination va réduire le risque de fermeture d'établissements à la rentrée, on sait que les ados participent autant que les adultes à la circulation du virus, donc il faut y aller", poursuit le responsable.

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé samedi que la barre symbolique des 30 millions de Français ayant reçu une première dose était franchie, un "beau symbole", selon le Pr Fischer mais qui trouve "plus parlant de raisonner à partir du nombre de Français protégés".

"Faisons une addition toute simple: si on ajoute les personnes complètement vaccinées, celles qui ont reçu une dose depuis au moins quinze jours et donc sont déjà partiellement immunisées, celles qui ont une immunité naturelle après avoir eu le Covid, on arrive à environ 32 millions", calcule le médecin.

"Donc près de la moitié de la population est protégée. Il y a une immunité de groupe à l'horizon", relève encore Alain Fisher

"Mais c'est comme un marathon dont on aurait déjà couru les deux tiers. Et dont on sait que le dernier sera le plus difficile", prévient-il toutefois.

C.Bo. avec AFP