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Covid-19: selon un épidémiologiste, les chiffres vont "encore s'améliorer", mais un risque de stagnation en juin existe

Si la situation sanitaire semble actuellement s'améliorer, un ralentissement de ce progrès "pourrait éventuellement arriver courant juin", avec la levée de plusieurs restrictions sanitaires.

Depuis quelques jours, les courbes des contaminations et des hospitalisations dues au Covid-19 ont entamé une lente décrue, ce qui a conduit l'exécutif à annoncer un calendrier de levée des restrictions sanitaires. Depuis ce lundi, les attestations en journée et les restrictions de déplacements ne sont ainsi plus nécessaires.

"Les chiffres vont encore s'améliorer, d'autant plus qu'avec la vaccination et l'arrivée du beau temps, le contexte s'améliore", déclare sur BFMTV ce lundi l'épidémiologiste Pascal Crépey. "A priori si on continue à avoir le contrôle sur l'épidémie que nous avons actuellement, pas de plateau, on continue de suivre cette pente relativement douce".

Un ralentissement de la descente en juin?

La prochaine échéance de levée des restrictions est fixée au 19 mai, le couvre-feu pourra alors être repoussé à 21h, les commerces, terrasses et lieux culturels pourront rouvrir avec des jauges limitées. Suivront les réouvertures des cafés, et restaurants en intérieur, des salles de sport et un couvre-feu porté à 23h le 9 juin, avant une fin du couvre-feu le 30 juin. Ce sont ces dernières parties du déconfinement qui posent plus question à l'épidémiologiste.

Le calendrier du déconfinement
Le calendrier du déconfinement © BFMTV
"Ce ne sont peut-être pas les toutes premières étapes de ce confinement qui risquent de poser problème, peut-être plutôt celles de juin", explique-t-il. "Le ralentissement de la descente pourrait éventuellement, mais ce n'est qu'une hypothèse, arriver plutôt courant juin, voire fin juin".

Plusieurs médecins et épidémiologistes avaient alerté sur BFMTV des risques d'un déconfinement trop rapide, alors que le virus circule encore beaucoup dans le pays. "On part de haut donc la marge est très faible, et la moindre remontée va à nouveau poser des problèmes de tension hospitalière", avait fait valoir le médecin Alain Ducardonnet. "La situation est vraiment très mauvaise, et c'est le moment où on parle de lever le pied", déplorait de son côté l'épidémiologiste Catherine Hill.

Il faut toutefois noter que ce calendrier n'est pas immuable, le gouvernement se réserve la possibilité d'y mettre un frein en cas de remontée épidémique "dans les territoires où le virus circulerait trop".

"Il faut vraiment garder le contrôle sur l'épidémie"

Dans ses dernières projections concernant l'évolution de l'épidémie sur les semaines et mois à venir, l'Institut Pasteur avait de son côté souligné qu'en "cas de levée trop rapide des mesures de freinage le 15 mai, même sous des hypothèses optimistes concernant le rythme de vaccination", une "remontée importante des hospitalisations pourrait être observée".

"La vaccination change la donne, et plus on vaccinera, plus on accélérera le rythme de vaccination, meilleure sera la situation", déclare Pascal Crépey. "Mais pour pouvoir s'appuyer totalement sur la vaccination et donc relâcher totalement les efforts que l'on fait par ailleurs, malheureusement il va falloir vacciner une très très grande partie de la population, jusqu'à 90% de la population adulte, et ça on n'y arrivera pas avant plusieurs mois, si jamais on y arrive réellement".

Dans l'intervalle, il faut continuer à respecter les gestes barrières et éviter de s'exposer à une potentielle contamination. L'important est d'arriver "à des niveaux de circulation vraiment faibles avant les prochaines étapes de déconfinement qui risquent de toute façon d'avoir un impact négatif sur les transmissions. Il n'est pas temps de se relâcher, il faut vraiment garder le contrôle sur l'épidémie", explique l'épidémiologiste.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV