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Covid-19: le 16 mars en France, on dénombrait "250.000 nouvelles infections" quotidiennes selon le professeur Fontanet

Lors d'une conférence de presse donnée ce vendredi à l'hôpital de la Timone à Marseille au côté d'Olivier Véran, l'épidémiologiste a attiré l'attention sur le temps du "doublement" du nombre de cas.

C'est l'une des questions que se posent les experts concernant la deuxième vague de Covid-19: la France va-t-elle bientôt connaître un nouveau pic semblable à celui qu'elle a connu au printemps? Ce vendredi à Marseille, le Pr Arnaud Fontanet a participé à une conférence de presse accordée par le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran. À l'hôpital de la Timone, l'épidémiologiste a donné une estimation du nombre de nouveaux cas contractés chaque jour à la mi-mars, lorsque le dépistage n'était pas au point.

À un moment de son développement, Arnaud Fontanet a attiré l'attention du public sur "le temps de doublement du nombre de cas". Rappelant que le taux de reproduction du coronavirus était de 3 au mois de mars, il a affirmé qu'en "trois jours et demi, le nombre de cas doublait sur le territoire français".

"Pour vous donner une estimation, on pense qu’il pouvait y avoir autour du 12 mars 125.000 cas sur le territoire français, le 16 mars c’était 250.000 nouvelles infections par jour", a-t-il déclaré.

Diminuer les contacts infectieux de 65%

Selon Arnaud Fontanet, la situation est "très différente" aujourd'hui, avec "entre 10.000 et 15.000 nouveaux cas par jour". "On est très loin des plus de 100.000 qu'on avait à la mi-mars, néanmoins on a un temps de doublement qui fait que cette situation peut devenir préoccupante à relativement court terme. On est autour de 18 jours. En deux à trois semaines, le nombre de cas double", a-t-il toutefois prévenu.

Au côté d'Olivier Véran, venu sur place pour tenter de déminer la colère des élus et restaurateurs marseillais vis-à-vis des nouvelles mesures de restriction, l'épidémiologiste a affirmé qu'il était "temps d’agir, faire tout ce qu’on peut pour faire redescendre le R (taux de reproduction, NDLR)". "Notamment les situations où on enlève le masque", a-t-il précisé, visant celles où l'on se trouve en sphère familiale ou avec des amis.

"Pour faire diminuer le R pendant le confinement, on a baissé de 80% les contacts infectieux. Ici, on a diminué de 50%, c’est déjà beaucoup. On ne va pas retourner à une situation comme pendant le confinement, parce que c’est beaucoup trop lourd pour l'économie, pour la société, pour notre vie à tous", a ensuite développé Arnaud Fontanet.

Selon lui néanmoins, si les Français entendent passer d'un taux de reproduction de 1.3 à 1, "il faudrait qu’on diminue de 65% nos contacts infectieux". "C’est l’effort à faire, passer de 50 à 65%. Je vous laisse faire votre introspection, rappelons-nous les circonstances où on se met à risque", a-t-il conclu.

Par Jules Pecnard avec Caroline Dieudonné