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Covid-19: la situation s'améliore-t-elle dans les seize premiers départements reconfinés?

Près de trois semaines après l'instauration de mesures de freinage renforcé dans les seize premiers départements concernés, le gouvernement évoque de "premiers signaux encourageants". Si les contaminations semblent en effet se stabiliser dans ces territoires, la tension hospitalière reste élevée.

Un début d'amélioration. Si toute la France métropolitaine est soumise aux mesures de freinage renforcé depuis le début de la semaine, c'est déjà le cas depuis le 20 mars pour l'ensemble de l'Île-de-France, des Hauts-de-France, pour la Seine-Maritime, l'Eure et les Alpes-Maritimes. Voilà plus de deux semaines désormais que ces territoires sont soumis à un "troisième confinement", une durée suffisamment longue pour s'apercevoir des effets ou non des dernières restrictions prises.

"Nous avons de premiers signaux encourageants dans les 16 départements où les mesures de freinage supplémentaire ont été prises le 20 mars dernier", a déclaré ce mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue du Conseil de défense sanitaire.

Pour l'exécutif, "les mesures semblent fonctionner et donc ce n'est pas le moment de lâcher prise", notamment à l'échelle nationale, où il est encore trop tôt pour évaluer l'impact des mesures sanitaires. Mais fonctionnent-elles vraiment pour les seize premiers départements concernés par ce reconfinement?

Une tension hospitalière bien présente en région francilienne

En Île-de-France, le taux d'incidence s'élève à 664 cas en moyenne sur sept jours pour 100.000 habitants, un chiffre en baisse pour la quatrième journée consécutive. La baisse de cet indicateur épidémiologique est d'autant plus notable dans deux départements de l'ouest francilien: les Yvelines (passé de 596 à 541) et les Hauts-de-Seine (de 565 à 529).

Le nombre de cas quotidiens relevé en moyenne au cours de la dernière semaine semble également confirmer une baisse des contaminations, selon les données reprises par CovidTracker.

"On dit plutôt deux-trois semaines pour avoir une vision d'ensemble, là il y a eu des jours fériés, cela a été plus compliqué pour la comptabilisation de Santé Publique France", estime sur BFMTV le Dr Marie Razon, médecin généraliste. "Il y a peut-être eu aussi moins de tests parce que les lieux étaient fermés, il y a tout ça qui peut entrer en ligne de compte, donc il faut garder en tête qu'on est encore dans une situation critique".

Les données hospitalières demeurent effectivement inquiétantes: 7901 personnes sont actuellement hospitalisées en Île-de-France pour une infection à Covid-19, soit 580 patients de plus en une semaine. 1709 patients sont par ailleurs admis en service de réanimation dans les hôpitaux franciliens, contre 1532 fin mars. Le plateau ne semble par ailleurs pas atteint, puisque 49 nouvelles admissions ont été enregistrées en l'espace de 24h.

Les réanimations en hausse dans les Hauts-de-France

Dans les Hauts-de-France, le nombre de cas rapportés positifs au Covid-19 dans la région est en baisse depuis une semaine. Le taux d'incidence était de 499 sur les sept derniers jours, contre 525 entre le 25 et le 31 mars dernier, selon Santé Publique France.

Mais il est encore trop tôt là encore pour observer une amélioration de la situation hospitalière: 3708 patients malades du Covid-19 sont pris en charge dans les hôpitaux de la région, dont 706 dans les services de réanimation. Une tendance, là encore, à la hausse pour ces deux données.

Pour les départements de Seine-Maritime et de l'Eure, où le taux d'incidence se stabilise pour le premier et diminue pour le second, la tension hospitalière se fait aussi toujours sentir, avec respectivement 802 et 277 patients hospitalisés. Le nombre de patients en réanimation, en hausse en Seine-Maritime, semble toutefois se stabiliser dans l'Eure.

Le pic probablement atteint dans les Alpes-Maritimes

C'est dans le sud du pays, du moins dans les Alpes-Maritimes, que la situation sanitaire s'améliore en tout point. Le taux d'incidence sur les sept derniers jours, de 605 à la mi-février, s'élève désormais à 419. Le pic des patients hospitalisés et des admissions en réanimation semble aussi avoir été atteint depuis quelques jours.

"Les chiffres sont plutôt encourageants puisque tous à la baisse. Il y a le ressenti sur les services de réanimation du département", témoigne sur BFMTV Carole Ichai.

La cheffe du pôle anesthésie-réanimation-urgences du Centre hospitalier universitaire de Nice note toutefois que la situation reste "très très tendue", tant dans le département que dans les Bouches-du-Rhône et le Var, "en difficulté".

"On n'est pas à l'abri d'une reprise, mais j'espère qu'avec la vaccination, les choses vont se tasser maintenant avec le temps", conclut Carole Ichai.

Si les dernières mesures de freinage prises ont une conséquence directe sur la circulation du virus, il est encore bien trop tôt pour espérer une amélioration de la situation dans les hôpitaux de ces territoires. Et il faudra encore attendre plusieurs semaines pour voir leurs effets sur l'ensemble du pays.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV