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Coronavirus: l'OMS alerte l'Europe, "la pression de l'infection va augmenter"

Des piétons portent un masque de protection pour se protéger du coronavirus, à Bordeaux, le 14 septembre 2020

Des piétons portent un masque de protection pour se protéger du coronavirus, à Bordeaux, le 14 septembre 2020 - Philippe LOPEZ © 2019 AFP

Il est temps d'arrêter de "poursuivre des chimères", prévient l'OMS qui enjoint les pays européens à prendre des mesures difficiles pour stopper la propagation du coronavirus, car "la pression de l'infection va augmenter".

L'Europe aborde un moment décisif dans la lutte contre le Covid-19 avec la rentrée scolaire et l'arrivée de l'automne, a averti l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) mardi soir.

Retour à l'école ou en boîte de nuit ?

Il est temps d'arrêter de "poursuivre des chimères" et de prendre des décisions dures pour protéger les plus vulnérables et maintenir les jeunes à l'école, quitte à accepter des sacrifices inévitables, a déclaré le directeur des Situations d'urgence de l'OMS Michael Ryan.

"L'Europe aborde une saison où les gens vont commencer à retourner dans les espaces intérieurs. La pression de l'infection va augmenter", a déclaré Michael Ryan au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Des compromis devront être faits pour maintenir à la fois les plus jeunes et les plus âgés dans la vie sociale, a-t-il souligné. "Le seul moyen est que les adultes maintiennent une distance suffisante pour favoriser une baisse de la contagion".

"Qu'est ce qui est le plus important: le retour de nos enfants dans les classes ou l'ouverture des nightclubs et des bars?", a-t-il lancé.

Des mois d'automne difficiles

Le directeur de la branche européenne de l'OMS avait également lancé au préalable un avertissement: "Cela va devenir plus dur. En octobre, en novembre, on va voir une mortalité plus élevée", prévient Hans Kluge.

Le nombre de cas en Europe remonte nettement depuis plusieurs semaines, notamment en Espagne et en France. Mais pour l'heure, le nombre de morts quotidiens reste au niveau observé depuis début juin, autour de 400 à 500, selon l'OMS Europe qui réunit lundi et mardi la cinquantaine d'Etats membres pour échanger sur la réponse à la pandémie.

Le responsable onusien a souligné que la mise au point d'un vaccin ne mettrait pas fin à la pandémie. "J'entends tout le temps: le vaccin va être la fin de l'épidémie. Bien sûr que non!", s'est exclamé Hans Kluge.

Il a cependant estimé que la situation devrait désormais appeler une réponse ciblée et non plus des confinements généralisés.

Les jeunes appelés à faire "leur part"

En Autriche, le port du masque, déjà obligatoire dans les supermarchés et les transports, l'est devenu lundi dans tous les magasins et tous les bâtiments publics. Le chancelier Sebastian Kurz a déclaré dimanche que le pays était "au début de la seconde vague". Même inquiétude en République tchèque, désormais l'un des trois Etats membres de l'Union européenne où la progression quotidienne du virus est la plus rapide, après la France et l'Italie.

En Italie, quelque 5,6 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école après six mois de fermeture, mais avec des règles strictes : il y aura mise en quarantaine immédiate de ceux qui ont été "en contact étroit" avec tout élève ou enseignant positif au test du Covid-19. Dans un message publié dimanche sur Facebook, le chef du gouvernement Giuseppe Conte a appelé les jeunes "à faire leur part".

Le fiasco grec

En Grèce, les autorités sont confrontées à un retentissant fiasco: des centaines de milliers de masques ont été distribués dans toutes les écoles du pays pour la rentrée des classes... mais la plupart étaient beaucoup trop grands pour pouvoir être portés. Lundi, lorsque les masques ont été livrés pour le jour de la rentrée des classes, les élèves ont inondé les réseaux sociaux de photos montrant des visages entièrement recouverts par ces "masques parachutes".

Six pays de l'UE, dont l'Allemagne et l'Italie, ont par ailleurs commencé à tester une infrastructure permettant de connecter entre elles leurs applications de traçage contre la propagation du coronavirus. Un voyageur pourra ainsi signaler un test positif ou recevoir une alerte à l'étranger.

Par E.P avec AFP