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Covid-19: l'agence du médicament refuse l'utilisation de l'hydroxychloroquine réclamée par Didier Raoult

Boîte d'hydroxychloroquine vendue dans une pharmacie américaine (illustration)

Boîte d'hydroxychloroquine vendue dans une pharmacie américaine (illustration) - GEORGE FREY / AFP

L'agence du médicament s'est opposée, ce vendredi, à l'utilisation de l'hydroxychloroquine réclamée parle professeur marseillais Didier Raoult, jugeant que les données à son égard étaient pour l'heure "très hétérogènes et inégales".

L'agence du médicament (ANSM) a opposé jeudi un refus à une demande que lui avait adressée le Pr Didier Raoult d'un cadre temporaire autorisant une utilisation large de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19.

"Nous ne pouvons pas répondre favorablement à la demande de RTU (recommandation temporaire d'utilisation, NDLR) de l'hydroxychloroquine dans la prise en charge de la maladie Covid-19", indique l'ANSM dans un point d'information mis en ligne sur son site internet.

"Deux poids deux mesures", pour Raoult

"À ce jour, les données disponibles, très hétérogènes et inégales, ne permettent pas de présager d'un bénéfice de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, pour le traitement ou la prévention de la maladie Covid-19", argumente-t-elle.

"Dans ce contexte et au regard des données de sécurité disponibles faisant apparaître des risques majorés, notamment cardio-vasculaires, il ne peut être présumé d'un rapport bénéfice/risque favorable de l'hydroxychloroquine quel que soit son contexte d'utilisation", ajoute l'agence.

Une décision qualifiée de "deux poids deux mesures" par l'infectiologue marseillais Didier Raoult dans un tweet ce vendredi. "Dominique Martin, directeur de l'ANSM, refuse toute RTU pour l'hydroxychloroquine mais autorise l'envoi de mails promotionnels par Gilead pour le remdesivir, et en organise la distribution gratuite. Deux poids deux mesures", a commenté le professeur sur le réseau social.

"Des données trés hétérogènes et inégales"

L'Agence nationale de la sécurité du médicament publie également une lettre de huit pages envoyée au microbiologiste marseillais, en réponse à sa demande. Ce médicament est disponible en France sous le nom de Plaquenil mais pour d'autres pathologies (rhumatismes, certains lupus...).

La prescription par un médecin d'un médicament hors des indications prévues par l'autorisation de mise sur le marché (AMM) doit se faire "au cas par cas", en informant le patient des bénéfices et risques encourus et du non remboursement, et la mention "hors AMM" doit figurer sur l'ordonnance.

La recommandation temporaire d'utilisation (RTU), qui donne accès au remboursement, vise une prescription hors AMM massive, au-delà de la prescription au cas par cas. D'où la demande de l'IHU de Marseille, qui a de très nombreux patients. L'agence sanitaire précise que "cette position pourra être révisée", si on lui apportait de nouvelles études cliniques probantes.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV