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Covid-19: face à une "dégradation épidémique", la Guadeloupe réinstaure le couvre-feu de 21h à 5h

Une plage déserte au Gosier sur l'île de la Guadeloupe en mars 2020.

Une plage déserte au Gosier sur l'île de la Guadeloupe en mars 2020. - Cedrick Isham CALVADOS © 2019 AFP

La préfecture de Guadeloupe a annoncé mercredi une série de mesures de freinage alors que le territoire ultra-marin connaît déjà une situation hospitalière tendue.

La préfecture de Guadeloupe a annoncé ce mercredi soir l'entrée en vigueur d'une série de mesures pour "freiner la progression du virus et casser les chaînes de contamination" alors que le territoire ultra-marin connaît depuis quelques semaines une flambée de l'épidémie de Covid-19.

Première restriction et non des moindres: un couvre-feu, rétabli entre 21h et 5h du matin et à respecter à partir de ce vendredi 30 juillet. La Guadeloupe échappe pour l'heure au confinement, ce qui n'est pas le cas de la Martinique.

Retour des motifs impérieux pour les déplacements vers l'Hexagone

Les manifestations et événements sportifs ne pourront plus que rassembler que 50 participants maximum à partir de cette même date. Enfin les déplacements entre la Guadeloupe et la métropole pour les personnes non-vaccinées contre le Covid-19 ne pourront se faire que sur justification d'un motif impérieux à compter du lundi 2 août.

En outre, les autorités n'écartent pas d'interdire "dans le courant de la semaine prochaine les pique-niques en extérieur sur les plages, le long des rivières et cours d’eau ainsi que sur les carbets" si l'épidémie poursuit sa progression fulgurante.

Selon les dernières données communiquées par l'Agence régionale de Santé, le taux d'incidence "a largement dépassé le taux d’alerte 50 cas pour 100.000 habitants, puisque se situant à 284,4 cas pour 100.000 habitants" - il s'élève en moyenne à 191 en France. Le taux de reproduction du virus s'élève en outre à 2,22: autrement dit, un malade contamine en moyenne deux autres personnes.

Une circulation virale importante qui "font état d’une très nette dégradation de la situation épidémique" et "pèse déjà fortement sur notre système de santé", selon les autorités sanitaires locales.

Le plan blanc activé au CHU de Pointe-à-Pitre

Le département d'outre-mer a été placé mercredi en état d'urgence sanitaire tout comme Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Une décision prise par le gouvernement qui "permettra de prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les centres hospitaliers locaux qui pourraient rapidement se retrouver sous forte tension".

Le CHU de Pointe-à-Pitre a activé son plan blanc pour mobiliser de nouvelles ressources, mais la capacité maximale est limitée à environ 70 lits. Une situation d'autant plus inquiétante que 30% de la population guadeloupéenne est classée à risque en raison de la prévalence forte de nombreuses affections longue durée, d'un taux d'obésité élevé ou encore d'un vieillissement marqué de la population.

L'inquiétude est d'autant plus forte que la couverture vaccinale est faible dans l'archipel, avec seulement 21% de primo-vaccinés et 15% de la population complètement vaccinée contre le coronavirus - nettement moins que la moyenne française (environ 60% de primo-vaccinés et 50% de complètement vaccinés).

"Nous devons accélérer la vaccination afin de protéger les plus fragiles mais aussi créer une immunité collective dans notre archipel!", soutiennent dans un communiqué l'ARS et la préfecture de Guadeloupe tout en appelant au respect des gestes barrières et des distanciations sociales.
Hugues Garnier avec AFP Journaliste BFMTV