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Covid-19: étudiant en architecture, il effectuait des tests de dépistage sans formation

Test antigénique dans un centre de dépistage du Covid-19, le 20 novembre 2020 à Bolzano, en Italie

Test antigénique dans un centre de dépistage du Covid-19, le 20 novembre 2020 à Bolzano, en Italie - PIERRE TEYSSOT © 2019 AFP

Le jeune homme aurait réalisé une cinquantaine de tests antigéniques en deux jours dans le XVe arrondissement de Paris, alors même qu'il n'était pas qualifié pour. Une enquête a été ouverte.

C'est un médecin du quartier qui a fini par donner l'alerte. Selon une information de France Inter, en l'espace de deux jours, un étudiant en architecture aurait réalisé une cinquantaine de tests de dépistage au Covid-19 sous un barnum du XVe arrondissement de Paris, alors qu'il n'avait suivi aucune formation habilitée.

Or, c'est obligatoire si vous n'êtes pas un professionnel ou étudiant dans le domaine de la santé. Une enquête préliminaire est ouverte pour "exercice illégal de la profession de technicien de laboratoire médical". L'étudiant risque jusqu'à un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Un salaire de 4000 euros par mois

C'est le 12 septembre que le laborantin amateur a été interpellé, puis placé en garde à vue, après qu'un médecin du quartier intrigué par ce nouveau concurrent a alerté les autorités. D'après France Inter, le praticien aurait même découvert ses coordonnées professionnelles affichées sur le barnum comme étant celles de la personne à contacter en cas de problème, ainsi que celles d'une pharmacie du secteur.

Lors de sa garde à vue, le futur architecte né en 1996, a expliqué aux enquêteurs ne pas savoir qu'une qualification particulière était nécessaire. Il travaillait apparemment pour le compte d'une société, elle-même mandatée par une pharmacie du quartier pour installer le barnum et aider une personne chargée des prélèvements.

Et surtout, il aurait entendu parler d'une possibilité de toucher la somme alléchante de 4000 euros par mois. Il a ajouté qu'une fois embauché, une femme lui aurait fait une formation express pour savoir comment faire les prélèvements.

"Société sérieuse"

Les responsables de l'officine en question ont de leur côté assuré aux enquêteurs qu'ils pensaient avoir sollicité une société sérieuse pour la mise en place du barnum. Les représentants de pharmaciens, comme la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, déplorent la multiplication d'entreprises sous-traitantes pour installer des centres de dépistages provisoires devant les officines.

Ils rappellent également qu'il est de la responsabilité des pharmaciens eux-mêmes de vérifier le statut des personnes chargées des prélèvements sous les barnums dont ils sont responsables.

Par L.A.