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Covid-19: comment expliquer la situation à Saint-Étienne, métropole la plus touchée par l'épidémie?

Des passants à Saint-Etienne le 22 octobre 2020

Des passants à Saint-Etienne le 22 octobre 2020 - Philippe Desmazes

Dans cette commune du département de la Loire, le taux d'incidence relevé est deux fois plus élevé à la moyenne nationale.

L'épicentre parmi l'épicentre. La région Auvergne-Rhône-Alpes est à l'heure actuelle la plus touchée par la deuxième vague de coronavirus. Là-bas, plusieurs départements, dont la Haute-Savoie, la Savoie, la Loire et la Haute-Loire, ont fait face à une très forte progression de l'épidémie.

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Dans la métropole de Saint-Etienne, le taux d'incidence a dépassé les 1250 nouveaux cas pour 100.000 habitants fin octobre, selon les données de Santé publique France - il s'agit du taux le plus important relevé parmi les 22 grandes métropoles particulièrement suivies par les autorités sanitaires. S'il est désormais passé en dessous des 1000 nouveaux cas (849,4), le chiffre témoigne néanmoins d'une forte circulation du virus au cours de ces dernières semaines.

À cela s'ajoute la pression hospitalière dans les établissements de santé du département de la Loire. 957 personnes sont actuellement hospitalisées pour une infection à Covid-19 dans la Loire, parmi lesquels 95 dans des services de réanimation.

Un centre commercial pointé du doigt

Comment expliquer que le retour de l'épidémie soit si fort dans ce département en comparaison avec la vague du printemps dernier? Le personnel soignant d'un établissement de santé du département, interrogé par nos confrères du Parisien, avance plusieurs raisons dont l'ouverture d'un centre commercial en septembre dernier.

70.000 m2 de commerces qui ont accueilli pas moins de 150.000 visiteurs une semaine seulement après son ouverture. Un afflux de client qui est soupçonné par certains soignants d'avoir pu favoriser la propagation du Covid-19 dans la Loire et ses départements voisins.

"On a mis en place toutes les règles sanitaires en vigueur et on les a augmenté à mesure que les arrêtés et les décrets tombaient" se défend Josselin Durand, directeur du centre commercial Steel, au micro de BFMTV.

Pas de cluster identifié au sein du complexe

De son côté Gaël Perdriau, le maire LR de Saint-Etienne, note par ailleurs l'absence de cluster détecté après l'ouverture du nouveau centre commercial.

"De source de l'hôpital ou de l'Agence régionale de Santé (ARS), il n'y a pas de cluster identifié ou massif comme on a connu au mois de mars (...), on est dans un fait qui ne trouve pas d'explication immédiate", estime l'édile.

Si le directeur de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes Jean-Yves Grall n'écarte pas de possibles foyers de contamination ayant émergé depuis le centre commercial, il estime que ce dégradation de la situation sanitaire résulte "de multiples facteurs, des clusters familiaux, dans les Ehpad ou les milieux universitaires".

Les soirées étudiantes sont aussi pointées du doigt: une enquête avait notamment été ouverte début octobre après une fête qui a réuni environ 150 personnes dans un apparement de Saint-Étienne.

Si le confinement a permis d'y baisser de 25% le nombre de contaminations, le taux d'incidence de la métropole reste toutefois deux fois plus élevé que la moyenne nationale. À cela s'ajoute la tension hospitalière qui a obligé le transfert cette semaine de malades vers le département du Finistère, moins touché par l'épidémie. Preuve que la situation sanitaire reste alarmante.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV