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Covid-19: à Nice, le restaurateur qui avait ouvert son établissement placé en garde à vue

Un restaurant - Image d'illustration

Un restaurant - Image d'illustration - ALFREDO ESTRELLA © 2019 AFP

D'après nos informations, la police n'est pas intervenue auprès des clients mais a prévenu le restaurateur que des amendes pourraient être dressées.

La désobéissance civile est-elle sur le point de devenir une norme? Alors que le gouvernement hésite encore sur la suite à donner dans la lutte contre le Covid-19 en France, plusieurs restaurateurs, privés d'activité depuis de longues semaines, ont la tentation de rouvrir leurs établissements.

"On a toujours vécu avec des virus"

Ce mercredi, Christophe Wilson, patron du Puppies à Nice, a franchi le Rubicon et accueilli des clients qui avaient réservé via le bouche-à-oreille, rapporte Nice-Matin. Le restaurateur a été placé en garde à vue dans la soirée, selon la préfecture des Alpes-Maritimes, qui précise: "son cuisinier, un étranger en situation irrégulière y travaillant a été est lui placé en rétention". "Les personnes identifiées qui ont pris part à ce rassemblement interdit ont été où seront toutes verbalisées", ajoute-t-elle.

D'après nos informations, ils étaient une centaine à avoir fait une réservation dans le restaurant. Pour le restaurateur, l'urgence est de permettre à des milliers de personnes de pouvoir de nouveau travailler.

"On ne peut pas vivre ça, regardez où on en est, on est tous à l’agonie, il y a des milliers d’emplois, je ne sais pas si ça va se chiffrer en millions, il y a toute la filière derrière les restaurateurs", explique-t-il au quotidien régional.

Devant les caméras présentes pour l'occasion, dont celle de BFMTV, Christophe Wilson en a de nouveau appelé au gouvernement, qui pourrait dans les prochains jours décider d'un nouveau confinement.

"On a toujours vécu avec des virus et on vivra encore avec des virus. On ne peut pas vivre avec des masques, on ne peut pas vivre dans le confinement, on ne peut pas être en couvre-feu. Le seul couvre-feu qu’on a connu avant ça, c’était pendant la guerre, et encore c’était jusqu’à 20h ou 21h et les restaurants étaient ouverts", martèle-t-il encore.

Arrivée quelques minutes plus tard, la police n'est pas intervenu auprès des clients, selon nos informations. En revanche, elle a prévenu le restaurateur que des amendes pourraient être dressées, mais l'établissement n'a pas été évacué.

"Je n'appelle pas à la désobéissance civile"

Sur notre antenne, Noël Jaoury, président de l’UMIH Nice Côte d’Azur Cafetiers Restaurateurs, estime que ces événements "ne sont pas une solution."

"Cela doit venir de là-haut, du gouvernement, en autorisant l’ouverture de nos établissements. On n'en peut plus, aujourd’hui c’est un restaurateur, demain peut-être deux ou trois, je ne le souhaite pas et je n’appelle pas à la désobéissance civile", explique-t-il.

Pour autant, ce dernier dresse un tableau très dur de la situation actuelle des restaurateurs de la région.

"On ne veut pas de tout ça, on veut ouvrir, on a investi de l’argent, on a des familles, des enfants..." conclut-il.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV