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Covid-19 : à la peine sur la troisième dose de vaccin, le gouvernement redouble d’efforts

Le ministre de la Santé Olivier Véran, à Paris le 26 août 2021

Le ministre de la Santé Olivier Véran, à Paris le 26 août 2021 - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Quatre millions et demi de Français, de plus de 65 ans, immunodéprimés ou soignants, sont éligibles à une troisième dose de vaccin contre le Covid-19. Face au rythme de la campagne de rappel jugé "insuffisant" par Olivier Véran, le gouvernement lance plusieurs dispositifs pour convaincre.

"Ce n'est clairement pas suffisant." Le ministre de la Santé a déploré le retard pris par les injections de troisième dose de vaccin pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, ce mercredi matin sur Franceinfo.

"On est à un peu plus d’un million et demi sur quatre millions et demi, ça veut dire un tiers, c’est mieux que chez nos voisins", a détaillé Olivier Véran, jugeant cependant ce chiffre "insuffisant" pour garantir "dans la durée" le niveau de protection immunitaire contre le virus.

La campagne de rappel concerne les plus de 65 ans et les personnes à risque, comme les obèses et les diabétiques, à condition d'avoir été vaccinés plus de six mois auparavant. Les soignants ont été ajoutés à cette liste le 7 octobre par le gouvernement, suivant un avis de la Haute autorité de santé (HAS).

"J’insiste parce que c’est le plus grand risque qu’on coure aujourd’hui" a-t-il ajouté, évoquant l'éventualité d'une nouvelle vague épidémique, même si aucun nouveau variant dangereux n'a été, pour le moment, détecté. "J'invite celles et ceux qui nous écoutent à ne pas attendre", a-t-il insisté.

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, est aussi venu mobiliser les troupes ce mercerdi matin. Il a encouragé, sur BFMTV-RMC, les plus âgés à faire leur rappel vaccinal.

"Les études montrent que l'immunité conférée par le vaccin a tendance à diminuer avec le temps. Quand vous avez plus de 65 ans, que vous êtes une personne fragile et que vous avez fait votre vaccin il y a plus de six mois, il faut faire ce rappel vaccinal", souligne-t-il.

Campagne "vaccinons nos aînés"

Le ministère de la Santé fait le constat "que la campagne peut encore avancer" chez les plus âgés. 560.000 personnes restent à vacciner parmi les plus de 80 ans, même si 3,6 millions ont déjà reçus une dose dans cette classe d’âge. Avec 86.3% de primo-vaccinés chez les plus de 80 ans, la France fait moins bien que plusieurs de ses voisins. Le gouvernement compte aussi sur un effet de la campagne anti-grippale: 30% des non-vaccinés de plus de 80 ans l’ont bien été contre la grippe l’an dernier.

Pour accélerer le processus, une campagne "Vaccinons nos aînés" et un numéro national pour la vaccination à domicile sont déployés cette semaine. Il faut "actionner tous les leviers possibles", indique le ministère de la Santé, ajoutant qu'il n'existe "pas de technique magique".

7,4 millions de non-vaccinés

Dans l'ensemble de la population au 11 octobre, 7,4 millions de personnes n’ont toujours pas été vaccinées, précise le ministère. Face à ce nombre, un projet de loi prolongeant jusqu'à l'été 2022 le recours possible au pass sanitaire a été présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Le gouvernement compte aussi sur l'effet persuasif des tests "conforts", qui deviendront payants vendredi.

Le groupe PS au Sénat demande lui à aller plus loin, en déposant ce mercedi une proposition de loi pour rendre la vaccination contre le Covid-19 obligatoire. Contre l'avis du gouvernement, qui n'envisage pas cette hypothèse pour le moment.

Nina Jackowski